PONCTUATION, ORTHOGRAPHE, GRAMMAIRE
tion et déclarait qu’il réussissait mal à la leur imposer h Le terme « distinctio » s’entend du soin qui est pris de ponctuer un manuscrit. Il est dit de Pierre, abbé de Micy, qu’il a revu (providit), corrigé (correctos) et ponctué (distinctos), les livres qu’il a fait écrire 1 2. Un manuscrit a été revu et ponctué par l’abbé Loup 3. La première tâche du reviseur consistait à pourvoir le texte d’une ponctuation qui en facilitait la lecture.
En dehors de la ponctuation, la correction proprement dite, qu’autorise la simple lecture, consiste à faire disparaître les fautes évidentes que présente le texte. Le copiste d’un commentaire sur la Rhétorique de Cicéron écrit en finale du manuscrit exécuté au XIe ou XIIe siècle : « Ouibus in locis exscribendis menda aperta sustuli et correxi » 4. Un certain Hartgarius a effacé (rasit) tout ce qu’il trouvait d’erroné (noxia cuncta) dans le texte du Commentaire du Lévitique et rétabli le sens exact (necnon condigna remisit) 5.
Le lecteur prendra soin de l’orthographe. Un manuscrit a été exécuté par deux scribes, tandis qu’un troisième personnage, qui est évidemment le reviseur, apporte l’orthographe (orthographiam praestante) 6. Il ne s’agit pas seulement de restituer à des mots viciés par l’inadvertance des scribes une graphie correcte ; l’orthographe s’entend, au IXe siècle, de celle qu’a mise à la mode la renaissance Caroline. Le manuscrit corbéien que l’abbé Leutcharius a ordonné d’écrire au VIIIe siècle, a été revu, quelque cent ans plus tard, par Radbert. Celui-ci a corrigé la vieille orthographe, « adferre » en «afferre», « adque » en « atque » etc., conformément à l’usage du temps 7.
Les corrections apportées au cours de la lecture sont le plus souvent d’ordre grammatical. Un lecteur lettré du IXe ou du XIe siècle, s’efforcera de mettre le texte qu’il a sous les yeux en règle avec la syntaxe. La si large place faite dans les
1. Epist. 172 : « Punctorum distinctionesve subdistinctiones... usus illorum pmpter rustieitatem pene recessit a scriptoribus... Ego itaque, licet parum profitions, cum Turonica cotidie pugno rusticitate » (p. 285). La ponctuation est observée dans le psautier de Dagulfus, qui a peut-être été exécuté sous les yeux d’Alcuin. Cf. Beer, Mon. Pal. Vinci. I, 1910, p. 55.