‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 599 sur 1207 · RECHERCHE D’UN SENS INTELLIGIBLE · texte numérisé non relu

RECHERCHE D’UN SENS INTELLIGIBLE

bibliothèques du temps aux livres de grammaire, les discussions grammaticales que renferme la correspondance de Loup de Ferrières \ montrent quel souci on avait alors de rétablir les règles que la barbarie des siècles précédents avait méconnues.

Enfin les corrections apportées au texte sont destinées à rendre intelligible un texte qui ne l’est plus. On a vu qu’Erkanbald effaçait les fautes, ajoutant ce que le sens réclamait (congrua sensibus addens) 1 2. Mais la recherche faite ainsi d’un sens intelligible n’aboutit qu’à un résultat de caractère conjectural, et elle expose le scribe à des erreurs parfois grossières 3.

Les correcteurs reconnaissent, d’ailleurs parfois, l’insuffisance d’une telle .méthode et expriment le regret de ne pouvoir corriger le texte fautif qu’ils ont sous les yeux d’après un exemplaire meilleur. Ekkehard corrigeant un manuscrit de saint Augustin, observe que l’ouvrage est excellent, mais le manuscrit plein de fautes. Il a tenté de le. corriger, autant qu’il l’a pu par ses propres moyens (per me), faute d’avoir un autre exemplaire à consulter 4. Le correcteur d’un autre manuscrit de Saint-Gall, du XIe siècle, avertit qu’il a fait vain effort, n’ayant pas d’autre exemplaire sous la main, pour remédier aux erreurs d’un copiste, qui écrivait aussi mal qu’il manquait de bon sens 5. Paul Diacre a confiance qu’Adalhard pourra corriger le manuscrit qu’il lui envoie des lettres de saint Augustin, grâce à un exemplaire meilleur 6.

Le souci de collationner les manuscrits 7 et de distinguer le

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