CRITIQUES, ANNOTATIONS ET GLOSES
Les corrections d’un manuscrit sont faites de diverses manières qu’un même correcteur emploie parfois toutes successivement. Quelquefois, il efface les mots fautifs et écrit en place la bonne leçon 4 ; ou bien il écrit celle-ci en surcharge au-dessus d’un mot qu’il fait ainsi disparaître 5. Souvent, la correction est interlinéaire ; c’est presque toujours le cas, quand le scribe a laissé tomber une lettre ou une syllabe d’un mot 6. Ou bien la correction est marginale ; le terme vicieux du texte est souligné d’une série de points et la bonne leçon est donnée en marge7. La correction est parfois aussi faite
1. « sensibus et syllabis necnon etiam litteris a supradicto pâtre, ni fallimur, ordinatis minime earentem, qnae de illo transcripta est exemplare, quo ex ipso exemplatum est codice, quem beatus pater sacris manibus suis exarare curnvit » (Migne, CXXI, ccl. 225).
2. « Ilia ergo verba quae supradictus pater seeundum artem, sieut ncnnulli autumant, in eontextu regulae hujus non inseruit, de aliis regulis a modérais correctis magistris colleximus et in eampo paginulae e regione cum duobus punctis inserere euravimus » (col. 926).
3. « Alia etiam quae a Benedieto dictata sunt et in neotericis minime inventa, obelo et punctis duobus consignavimus » ( loc . cit.).
4. Voir l’étude faite, par M. Beeson du système de corrections pratiqué par Loup, de Ferrières, p. 4.5. Le procédé peut être aussi pratiqué par un faussaire, voir plus loin, p. 420.