‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 636 sur 1207 · COLLABORATION DES « SCR1PTORIA · texte numérisé non relu

COLLABORATION DES « SCR1PTORIA

sont destinés à être échangés contre l’Arithmétique de Boëce et le livre des Invectives de Tullius Cicéron h

Une église demande quelquefois à une autre seulement la copie d’un texte qui comblera la lacune que présente un manuscrit de sa bibliothèque. Gerbert, au nom d’Adalbéron, prie l’évêque de Mayence, Tetmar, de faire transcrire un passage qui manque à l’exemplaire rémois du livre « Péri Hermenias » de Boëce et il indique les phrases qui précèdent et suivent la coupure 1 2. Il recherche ailleurs le contenu d’un feuillet qui manque à son manuscrit du discours de Cicéron pour le roi Déjotarus 3.

L’exécution dans les scriptoria de copies destinées à d’autres églises est une réplique de l’emprunt qu’elles font d’exemplaires destinés à être transcrits dans leurs propres scriptoria. C’est un autre aspect de l’échange mutuel des livres, en vue de l’enrichissement des collections.

Chaque église utilise son scriptorium d’abord pour ses propres besoins ; mais elle est aussi presque toujours, pour une part, tributaire des autres églises et leur apporte d’autre part une contribution. Les collections de livres ne sont jamais sorties toutes entières d’un seul scriptorium. Il est des établissements à qui beaucoup d’autres sont particulièrement redevables ; aucun ne se suffit tout à fait. Les églises qui ont le plus produit ont ure dette vis-à-vis soit des églises d’Irlande, des pays anglo-saxons, d’Espagne, d’Italie, soit des églises voisines ou lointaines de la Gaule et de la Germanie, avec lesquelles elles entretiennent des relations, qui se manifestent surtout par des prêts, emprunts, échanges et dons mutuels de manuscrits. C’est par la collaboration de tous les scriptoria ecclésiastiques que se forment et se développent toutes les collections de livres..

1. Epist. 16 : « I.ibrum Boetii vestro brevi a me vobis petivistis praestari, cujus libros propria manu duos conscripsi... quorum alterum mecuni retinui, alterum Augustae... reliqui simulque librum Juvenalis et Persii pro commutatione arithmeticae Boetii... pro libroque invectivarum Tullii Ciceronis in Salustium. Quos libros inihi praestitos cum remitto nostrosque re< ipin jussu vestro voluntarie satisfaci" b (Becker, 40, art. 5, p. 126).

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