‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 686 sur 1207 · Gesta episc. Autisiod., I, 39, Migne, CXXXVIII · texte numérisé non relu

Gesta episc. Autisiod., I, 39, Migne, CXXXVIII

6. « Quos vix emerui datis non paucis redimere nummis » (Préface à la vie de saint Maur, Mabillon. A. S., I, 261).

7. B. Valenciennes, ras. 293 (283), IXe s. : « Einotus Plato fuit major vendente pyrata » (Mangearr, Calai. B. Valenciennes, 297).

ACHATS DE LIVRES AU Xe SIÈCLE

de manuscrits du Ville ou IXe siècle où on trouve des mots en runes1.

Au Xe siècle, Gerbert s’est employé, écrit-il, à Rome, dans le reste de 1 Italie, en Germanie et en Belgique à acheter, au prix de beaucoup d’argent (multitudine nummorum), des copies des auteurs 2. Quand il prie un correspondant de Barcelone de lui adresser un traité d’astronomie et l’invite à lui demander ce qu’il voudra « in recompensationem », il s’agit peut-être d’un achat 3. Il charge un moine de Bobbio de faire transcrire pour lui un certain nombre d’ouvrages par des copistes, qu’on trouve partout en Italie travaillant . à gages (tuis sumptibus). Gerbert promet de lui envoyer, suivant ses indications et à la date qu’il fixera, de quoi couvrir largement la dépense 4. A Mettlach, l’abbé Ruothwic, reconstituant la bibliothèque du monastère, a fait acheter des livres, en même temps qu’il faisait exécuter des copies d’autres manuscrits 5. A cette époque et sans doute déjà antérieurement au Xe siècle, des livres étaient mis en vente sur les marchés. Dans la seconde moitié du IXe siècle, la bibliothèque du monastère de Saint-Hubert a subi des vols importants ; il lui a été ravi entre autres un Psautier écrit en or, ayant appartenu à l'empereur Lothaire. Les voleurs, pour cacher leur larcin, le mirent en vente à Toul, où il fut acheté de bonne foi par la mère de Brunon 6.

C’est sans doute aussi grâce à des achats qu’Olbert, abbé de Gembloux, a réuni au XIe siècle des livres si nombreux qu’on s’étonnait qu’un seul homme ait pu en acquérir (comparare) un tel nombre 7, que Guillaume de Saint-Bénigne a reconstitué la bibliothèque de son monastère8. Nous possédons le détail du prix qu’au XIIe siècle, l’abbé du monas-

x. On en trouve dans l’Évangéliaire de S. Vaast d’Arras et dans les Évangiles de Marchiennes (B. Douai, ms. 12).

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