‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 70 sur 1207 · LES IRLANDAIS A CAMBRAI · texte numérisé non relu

LES IRLANDAIS A CAMBRAI

Les monastères voisins, comme Saint-Riquier, du littoral de la Manche gardent aussi des manuscrits témoins du passage des peregrini scots. De Saint-Bertin proviennent un manuscrit du VIIe ou VIIIe siècle et un autre du VIIIe en minuscule insulaire h En garde d’un manuscrit de Saint- Amand subsiste un fragment d’un commentaire de l’Énéide, lequel est exécuté en minuscule irlandaise du IXe siècle 1 2. Marchiennes possédait un exemplaire des Évangiles du IXe siècle, lequel fut commencé par Luiesgethen et achevé par Léoscar, en caractères à son gré peu élégants 3. Ou bien ce manuscrit a été importé d’Irlande, ou bien il a été exécuté sur le continent, peut-être à Marchiennes même par ces deux scribes scots. A Saint-Vaast d’Arras au XIIe siècle, on conservait un recueil scot des sentences des pères 4. Il subsiste en provenance de l’abbaye d’Egmont un manuscrit de la « Periegesis » et de la grammaire de Priscien, exécuté en 838 en minuscule irlandaise 5.

A la fin du VIIIe et au commencement du IXe siècle, Cambrai, proche de « Perrona Scottorum », paraît avoir été un lieu de séjour et d’activité cher aux Irlandais 6. L’évêque de Cambrai, Albéric (763-90), a fait faire (fieri rogavit), sans doute dans le scriptorium de son église, un recueil de canons irlandais en soixante-douze livres, lequel renferme un long fragment en langue irlandaise 7. Puisqu’il l’a fait exécuter, ce livre ne vient pas d’Irlande ; mais il reproduit certainement un manuscrit irlandais que les copistes avaient sous les yeux et où ils trouvèrent le fragment d’honélie en langue irlandaise qui a été transcrit comme le reste. On peut conjecturer que des moines scots de passage à Cambrai ont copié ou laissé copier un recueil dont ils étaient munis et que

1. B. Boulogne, mss. 343 bis (glossae selertae) et 270 ; cf. Lindsay, Nntae latinae, p. 486.

2. B. Valenciennes, ms. 412, Catal. mss. départ., XXV, 372 ; Lindsay, Notas lat. p. 489.

3. B. Douai, ms. 13 : « Luiesguethen istum coepit soribere librum sed tamen I.iosear consummavit istis vilibus grammis ; et ideo quirumque lector sis, inque : Luiesgethen et I.iosear teneant fidem, spem et caritatem, ut cœlibem aeterni regis habeant mansionem » ; cf. Catal., série in-40, t. VI, p. 10 et 11.

4. Becker, 125, art. 106 et sentencie patrum scotit e », p. 235.

5. B. Univ. Leyde, ms. 67 ; cf. Lindsay, Notae lat., p. 459. Le ms. 670 de la même Bibl. renferme un fragment de glossaire en minuscule irland. (loc. cit.).

6. Cf. Finsterwald, Eine parteipol. Kundgebung, N. Archiv., XLVII, 411.

7. B. Cambrai, ms. 679. On y lit en finale « Explicit liber canonum quem dominus Albericus, episcopus urbis Camaracit'sium et Adrabatius, fieri rogavit (Molinier, Cat., p. 257). Le fragment d’homélies en irlandais se trouve aux f03 37 et 38.

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