CHAPITRE XXIX
Les bibliothèques bourguignonnes
§ i. — La bibliothèque de l’église de Lyon.
Lyon avait été dans la Gaule romaine un important centre ■de culture et l’église lyonnaise en garda en quelque mesure l’héritage. Les études n’y ont jamais été tout à fait délaissées. Au VIIe siècle, sous l’évêque Dalmatius, l’archevêque d’York, Wilfrid a étudié à Lyon pendant trois ans 1 2, Les manuscrits antérieurs au VIIIe siècle qui, pour la plupart, ont été écrits à Lyon, témoignent que l’ancienne bibliothèque de l’église n’a pas entièrement péri. D’autres livres anciens y sont sans doute parvenus, apportés d’Italie ou d’Espagne, au temps où prélude en Gaule la renaissance des lettres. Nous ne connaissons pas moins de trente-trois manuscrits antérieurs au milieu du VIIIe siècle, que l’église de Lyon possédait certainement au IXe 2.
Dès la fin du VIIIe siècle, et surtout grâce au zèle déployé par Leidrade au temps de Charlemagne pour la restauration de l’église de Lyon, le goût de l’étude et par conséquent l’amour des livres a été ranimé. Cet archevêque s’est employé à faire copier des livres en grand nombre. Lui-même et ses successeurs, Agobard, Amolon, Remi ont offert à leur église des livres qui portent encore leur dédicace 3. Vraisemblablement, la collection s’est largement enrichie alors, grâce à la fois à l’activité du scriptorium de l’église et au souci qu’ont pris ses évêques et son clergé, notamment sans doute le diacre Llorus 4, de faire venir des livres exécutés ailleurs. Il subsiste
1. Cf. Tafel,, The Lyons scriptorium , Palaeogr. lat., II, 67.
2. C’est le nombre des mss. lyonnais étudiés par Lowe, Codices Lugd. antiquiss., p. 51-2 ; cf. plus haut, p. 108.