livre;^ italiens envoyés aux princes francs
les scriptoria du Nord de la France, en particulier à Corbie \ En dépit de quelques traits de ressemblance avec celle de manuscrits lombards, cette écriture n'implique en aucune manière l'origine italienne du manuscrit où elle apparaît et l'épithète injustifiée de lombardique a cessé de lui être appliquée.
Il est certain que l'Italie a procuré des livres à cette époque à nombre d'églises et de monastères transalpins. Saint Boniface annotait un manuscrit exécuté à Capoue en 546 ^ et qu'il avait évidemment rapporté de l'un de ses voyages à Rome. Burchard, l'un de ses compagnons avait sans doute aussi trouvé à Rome l'Évangéliaire en onciale qui ne porte aucun trait de l'écriture insulaire, et qu'on conserve encore sous son nom ^.
Les princes francs ont reçu souvent au VHP siècle de Rome des livres qui, soit directement, soit sous forme de copies, ont sans doute passé au service des églises. Paul I envoyait à Pépin, un Antiphonaire et un livre de répons, des ouvrages écrits en grec, une grammaire d'Aristote, des traités de géométrie, d'orthographe et de grammaire, que le pape attribue à Denys l'Aréopagite *. Hadrien I adressait à Charlemagne un Sacramentaire grégorien ^. L'évêque de Laon, Wenilon se serait chargé dans les dernières années du Ville siècle de faire copier à l'usage d'Héribald, archevêque de Cologne et archichapelain du palais, des livres envoyés par le pape Léon à Charlemagne **. Paul Diacre adressait au roi l'abrégé qu'il avait fait de l'ouvrage du grammairien Festus Pompée '^.
1. Cf. Ph. Lauer, La réforme carol.de l'écrit, lat. et l'école calligr. de Corbie dans Méni. divers savants, Ac. des Inscript., t. XIII, 2, 1933, p. 431 et 433, et Lindsay, The old script, of Corbie dans R. des Bibl., 1912, p. 403. Cette écriture de genre cursif , caractérisée surtout pour les formes de l'a et du b est, en général, désignée maintenant sous le nom d'écriture a b de Corbie.