MANNON AU « SCRIPTORIUM >) LYONNAIS
ce Commentaire \ le manuscrit a dû être écrit sous sa direction à Lyon. Il y faut voir sans doute une sorte de brouillon préparé pour la publication de cet ouvrage ^. Les deux mains qu'accuse le manuscrit témoignent que Florus a dicté ou indiqué à deux scribes les passages des œuvres de saint Augustin qu'ils devaient transcrire, se réservant de reviser leur travail. Ce brouillon, qui ne nous est parvenu qu'incomplet ^, a été mis au net probablement à Lyon par un scribe, peut-être l'un des deux précédents et qui serait le prévôt Mannon **.
L'un des traits qui distingue la méthode de composition suivie par Florus c'est le souci qu'il a de faire figurer l'indication de la source qu'il exploite en marge du texte cité ^. Il recommande cette méthode dans la lettre qu'il adresse à Eldrad ^. Ce document, où il donne à cet abbé de Novalèze des conseils en vue de l'exécution d'un nouveau Psautier qu'Eldrad se propose d'écrire, montre qu'il était particulièrement expert en ce genre de composition, qu'il avait p.is soin de . on,sultei ie texte des Septante ei les « voiumes hébreux « et corrigé le Psautier en usage à Lyon ^ Vraisemblablem nt il avait fait transcrire le texte revisé par lui.
Mannon est son élève et a été formé par lui à Lyon. Le disciple paraît avoir adopté les pratiques du maître. On peut se demander si les références marginales du manuscrit du Commentaire de saint Paul ne sont pas de sa main. Son écriture a d'ailleurs des traits caract;nisiiques qui la distingue t de celle de F:oru? ^. Un certain nombre ce manuscats ?ont conservés où on r^-connait la m::iin ; ds ont s ns doute été écrits par lui à Lyon ^. Sur un manuscrit du « De
1. B. Lyon, ms. 484. L'hypothèse est de L. Delisle {Xoiices et Extr., t. XXIX, 2« P., p. 402) ; elle est admise par dom Wilmart {Sommaire de l'Exposition de Florus sur les Èpitres, dans R. Bénéd., 1926, p. 215), tant'is que suivant Tafel {The Lyons Script., p. 40-50), le ms. 4S4 l'e Lyon serait, < omme le <)6 deTroyes, de la main du prévôt Mannon.
2. Cf. dom Wilmart, L'exemplaire lyonnais de V Exposition de Florus sur les Èpitres et ses derniers feuillets dans R. Bénéd., 1930, p. 73.
3. La !'■'• partie fait défaut c ans le ms. 484, mais elle figure dans la copie que représente le ms. 96 de Troycs. Dom Wilmart a retrouvé à la B. N. au fonds Baluze (fragm. 4 Cu ms. 270), une portion qui manque à la fin du ms. (p. 74).
4. B. Troyes, ms. 96. On a vu n. i que Tafel attribue à Mannon l'exécution des deux mss.