‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 223 sur 1203 · LES SCRIBES DU « TITE-LIVE · texte numérisé non relu

LES SCRIBES DU « TITE-LIVE

préséance à quelques religieux moins âgés, quoique plus anciens ^.

Le manuscrit, sans doute préalcuinien, du Tite Live du Vatican conserve les noms des copistes qui ont écrit chacun des cahiers qui le composent ; au bas de la première page de chaque qiiaternio est inscrit le nom du scribe qui l'a exécuté 2. Le travail a été partagé entre Gyslarius, Aldo, Frédégaudus ^, Nauto, Théogrimnus, Théodégrimus, Ansoaldus et Landémarus. Tous leurs noms se retrouvent dans la liste des moines de Saint-Martin de Tours, mais ces huit religieux figurent déjà alors parmi les anciens, entre le numéro 42 et le numéro 77. Il y a lieu de penser que leur travail a été exécuté, non pas vers l'an 820, mais quelque vingt-cinq ans plus tôt et avant même l'arrivée d'Alcuin, conformément aux indications paléographiques du manuscrit. L'écriture qui porte le plus de traits cursifs est celle d'Ansoaldus qui, d'après son rang sur la liste, est l'un des plus âgés ; les mains qui s'approchent le plus du style régulier sont celles d'Aldo, de Frédégaudus et de Nauto ; les deux derniers figurent parmi les plus jeunes de cette équipe *.

Ils ont continué après l'exécution du Tite Live à exercer leur art et peut-être vieillis ècrivaient-ils encore vers 820 et plus tard même dans l'atelier de Saint-Martin, bien qu'aucun des manuscrits du premier quart du IX^ siècle ne porte leur nom. On croit reconnaître la main de l'un d'eux, Frédégaudus, dans des manuscrits d'ailleurs contemporains du

1. Cette conjecture a été présentée par MM. Rand et Howe (Thel'alican Liry, ''uns Mem. of tke amer. Acad. in Rome, I, 25-34) et acceptée par dom Wilmart (Le Lect. de S. Père, dans Spéculum I, 273). Le savant bénédictin se demande toutefois (Dodaldus, VI, 578), si les parties du rôle n'ont pas été dissociées, puis interverties, où si le rôle censé normal ne doit pas être reporté au début de l'abbatiat de Frédégise (807-10), hypothèses qui ne nous paraissent nullement nécessaires.

2. Châtelain, Paléogr. class., II, 8. PI. CXVII et Rand, A survey, PI. XXVI- VII ; The Vatican Livy, PI. 3. Le folio reproduit par Châtelain commence le a« cahier et porte l'indication q (quaternio) 2, avec tout en bas, le nom d'Ansoaldus qui l'a exécuté. Le nom de Teutlaicus, en écriture un peu plus récente, est sans doute (.elui d'un scribe qui a reproduit à son tour la copie faite par Ansoaldus. Les planches de l'ouvrage de M. Rand, A Swfwy , reproduisent toutes les parties du manuscrit qÙ se trouvent les noms des copistes.

3. Le ms. porte Fredeg... Châtelain croit qu'il s'agit de Frédégise qui figure à titre d'abbé en tête de la liste de confraternité ci-dessus signalée. Traube (Zu Livius, dans les Vorles.,lU, 31) et Rand lisent Frédégaudus qui figure dans cette liste (14), n° 37, p. 13. La même liste signale Fredegysus (16), n" 38, mais parmi les moines plus jeunes. De l'équipe de scribes d'un manuscrit exécuté avant l'arrivée d'Alcuin, le futur abbé Frédégise est nécessairement exclu, puisque, anglo-saxon comme Alcuin, qui l'appelle son fUs, il n'a pu venir à Tours qu'avec lui.

4. Rand, p. 96, Ansoaldus occupe le no 43 ; Nauto et Frédégaudus les n"* 74 et

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