B. N . lat. 3837, Delisle, Cab. des mss., III
8. B. Angers, ms. 102 ; cf. Leroquais, 34, p. 85-9. La place donnée à saint Maurice au « Libéra nos » de la Messe, les fêtes de saint Maurice du Sanctoral, ne laissent aucun doute à cet égard.
9. B. Angers, ms. 14 ; cf. dom Wilmart, Mss. de Tours copiés et décorés vers le temps d'Alcuin, R. Bénéd., 1930, p. 53.
10. B. Angers, ms. 92 ; Leroquais, 28, p. 74. Un autre Sacramentaire du X« siècle (ms. 91) provient de Saint- Aubin,mais ne paraît pas avoir été exécuté pour ce monas-
191 « SCRIPTORIA » DE GI-ANFEUIL, BOURGUEIL
Les moines de Glanfeuil avaient certainement organisé déjà un scriptorium avant leur transfert à Saint-Maur des Fossés. Ce n'est pas cet atelier qui a exécuté la Bible qui fut donnée au monastère par le comte Rorigon et qui est une œuvre tourangelle ^. Mais un manuscrit de l'histoire ecclésiastique d'Eusèbe y a été copié vers 840. Après que le scriptor eut fait son œuvre. Dodo serviteur des serviteurs du Christ, préposé sans doute à la direction du scriptorium, a corrigé le manuscrit comme il l'a pu, sur l'ordre dé l'abbé Ingelbert ^.
Après leur retour à Glanfeuil au XI^ siècle, les moines ont probablement reconstitué lewr scriptorium. A la date de 1058, Eudes, nourri, dit-il, dans le monastère de Saint-Maur sur Loire a curieusement recherché, reconstitué et récrit la dernière partie d'un livre dont longtemps on n'avait pris aucun soin ; toutes les parties qui manquaient ont été refaites par lui. Toutefois, le travail a été effectué à Saint-Maur-des- Fossés, car Eudes écrit « obamorem sancti Pétri Fossatensis ))3.
Du scriptorium de Bourgneil nous ne savons rien avant le temps de Baudry, abbé de 1079 à 1107 ; mais dans une Épître dédiée à son livre, qu'il a orné, dit-il, d'initiales dorées, rouges et vertes, il décrit le travail d'écriture, de dorure, d'enluminure qui s'opère dans l'atelier du monastère. Luimême s'est attaché un enfant expert en l'art d'écrire (scribentis in arte peritum), du nom de Gautier. A ce scriptor qui boite d'un pied, mais dont Vingeniuni est droit, il a donné comme « socius » un artiste, Gérard, comparable au Béséleel biblique et qu'il a fait venir de Tours *. Une autre pièce de vers est à l'adresse de son scriptor, Gérard, chargé de mettre au net, sur du parchemin, les vers que Baudry écrit sur des tablettes de cire ^. Dans un autre poème adressé à son scribe
être. Une collecte où saint Pierre est invoqué comme patron fait regarder du côté cie S. Pierre de Bourgueil (cf. Leroquais, 27, p. 74).
1. Plus haut, p. 178. Une note du £«408 porte: « Omnes qui hune librum legitis orate pro hanima Rorigonis comitis quis illum dona\ it ». L'annotateur est évidemment un moine de Saint-Maur, qm écrit cette note dans le scriptorium du monastère.
2. B. N. lat. 11.738. Ala suite de l'invitation faite de se souvenir auprès du Christ du « scriptor », on lit : « Ego Dodo, famulorum Cliristi famulus, jussu venerabilis Ingelberti abbatis hune codicem, ut potui, emendavi » (L. Delisle, Cah. des mss.,
3. B. N. lat. 3786 : « Finis istius libri, dum a cunctis negligenter contemneretur multis annorum ciuriculis, ab Odone nutrito in cœnobio sancti Mauri super Ligerim sito curiose quaesita est ac recollecta et qnae deperierant rescripta ; quae vero deerant... dévote sunt perscripta, anno... millesim quinquagesinio octavo » (Cotai. Bibl. reg., 1744, t. ill, 470 ; Delisle, II, 75).
4. L. Delisle, Notes sur les poésies de Baudri, dans Romania, 1872, XXXIV, p. 26-7.