FOURNITURE DU PARCHEMIN
thar faisait observer à ses confrères que s'ils voulaient qu'il écrivît pour eux des livres, les économes de la maison devaient l'approvisionner de parchemin i. Dans les dernières années du XP siècle, Froumundus, moine à Tegemsee, écrit à son abbé, Gosbert ((J83-1001) qu'il est toujours animé du même zèle pour le travail de l'écriture (scriptitationis immoror studio), mais que présentement, il n'a pas faculté d'écrire, faute de parchemin ; il espère que la largesse de l'abbé lui en fournira ^.
Quiconque solUcite d'un ateUer l'exécution d'un manuscrit, doit procurer à ceux qui feront le travail la quantité de parchemin qu'il exige. Gerbert, en s'adressant aux scriptoria tourangeaux pour obtenir une copie, prend soin de leur faire parvenir le parchemin nécessaire ^. C'est à la prière, mais aussi grâce à la charité d'Hillin (prece et caritate), que les frères Purchard et Conrad ont reçu, à Reichenau le Uvre où leur main devait écrire les Évangiles (invitati et coacti librum accepimus scribendum) *. Hillin qui a commandé ces Évangiles, pour l'éghse de Cologne, a supporté les frais du travail ; il a sans doute fait remettre aux deux religieux les quaterniones tout prêts à recevoir l'écriture. Il eût été indiscret et sans doute inutile de commander des hvres sans fournir de quoi les confectionner matériellement. C'est, sans doute, parce qu'ils ont procuré aux scribes de leur égUse les membrana nécessaires, que les prélats sont dits donateurs des Hvres qu'ils leur ont ordonné d'exécuter.
Faute d'être ainsi largement pourvus, les scribes zélés pour l'exécution des livres doivent se faire quémandeurs de parchemin. Il n'est pas un feuiUet, est-il dit, d'un manuscrit de Saint-Gall du VHP siècle, que Winithar n'ait obtenu, en l'achetant ou le mendiant ^ Le moine de Reichenau, Hatto priait l'archevêque de Mayence, Otgar de lui envoyer du parchemin de bonne qualité, autant qu'il en faut pour écrire un Lectionnaire et un Missel grégorien. S'il lui assure les moyens de venir à bout du travail, il lui en sera reconnaissant toute sa vie ^.