RECLURE DES FEUILLES DE PARCHEMIN
D'un monastère à l'autre, le parchemin est, suivant les besoins, l'objet d'un prêt ou d'un don. Réginbald, probablement moine à Saint-Emmeran, remercie le moine de Tegernsee, Froumundus du don qu'il lui a fait de son parchemin (vestri pergameni donationem) ^ Aussi, dans une autre lettre, il n'hésite pas à lui demander encore « quantumlibet membranae », en vue des livres qu'il se propose toujours d'écrire, au su de Froumundus. Celui-ci dispose de sept peaux ; qu'il veuille bien, s'il n'en a pas besoin, les envoyer à son ami 2.
Les feuilles du parchemin, avant d'être livrées au scribe, étaient réglées à la pointe ^. D'abord, semble-t-il, des points de repère marquaient la colonne verticale, qu'on traçait ensuite à la règle. Des coups de poinçon donnés dans la marge fixaient l'intervalle des lignes, qui étaient également tracées à la règle. Le plus souvent, on réglait en même temps quatre feuilles ou deux * suivant l'épaisseur du parchemin. Exceptionnellement elles l'étaient une à une ; rarement, on en réglait en même temps jusqu'à cinq.
Suivant l'ancien usage, qui a eu cours depuis la fin du VIII^ siècle jusque vers l'an 820, on passait la pointe sur le côté poil du parchemin, les deux ou les quatre feuilles étant disposées l'une sur l'autre, côté poil contre côté poil, côté chair contre côté chair. Un stj'le nouveau prévalut en général pour la réglure des feuilles ^, au commencement du second quart du IX^ siècle '^. On disposa, dès lors au contraire, le côté chair de la feuille du dessus sur le côté poil de la feuille inférieure. En vue de la constitution des cahiers, avant le pliage de la feuille en deux feuillets, les feuilles étaient remises dans