‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 673 sur 1203 · ACCROISSEMENT AU IX^ SIÈCLE, ARRÊT AU X · texte numérisé non relu

ACCROISSEMENT AU IX^ SIÈCLE, ARRÊT AU X

exécution des copies, l'organisation en somme rudimentaire des scriptoria ne permettent qu'un développement peu rapide des collections. Les sources assez maigres où elles peuvent s'alimenter soit en Gaule, soit à l'étranger sont lointaines, disséminées ; aucune des collections qui subsistent aux pays insulaires, en Italie, en Espagne n'est ni facilement accessible, ni très abondante. Les voyages et transports comportent des lenteurs et des risques qui réduisent les apports que peut faire par prêt, échange, don, une bibliothèque favorisée aux collections moins riches.

Ces conditions médiocrement favorables font encore échec par la suite à l'accroissement des bibliothèques ; mais sous Louis le Pieux et ses fils, la diffusion des livres s'accélère néanmoins, grâce à l'activité productrice d'un certain nombre d'ateliers, et par suite du développement que prend la culture et l'activité littéraire. C'est le temps où, sous Frédégise, Adalhard et Vivien, les scriptoria tourangeaux alimentent en livres le palais et une abondante clientèle d'églises. Les scriptoria de Fleury, de Saint-Germain des Près, de Saint- Denis, de Corbie, de Saint-Bertin sont en plein travail. A Saint- Amand, Lothaire exécute et fait écrire nombre de livres. A Saint-Gall, les abbés Gozbert (816-836), Grimald (841-872) et Hartmut (872-883), à Reichenau, les abbés Heito (806-822), Erlebald (823-838), Ruadhelm (838-842) et le moine scribe Réginbert forment des collections qui rejoignent la bibliothèque du monastère. Les catalogues dressés en 822 à Reichenau, en 831 à Saint-Riquier, vers 840 à Murbach, au milieu du IX^ siècle à Saint-Gall font apparaître déjà d'importantes bibliothèques. A Lyon, Auxerre, Laon, Reims, Cambrai, Cologne, Constance, le scriptorium est actif et les dons des évêques contribuent largement à enrichir la bibliothèque de leur cathédrale. Le nombre très considérable de manuscrits du IXe siècle qui subsistent en provenance des églises et monastères des Gaules, suffit à attester l'accroissement qu'ont pris les bibliothèques à cette époque.

L'insécurité qui règne pendant le dernier quart du IX^ siècle et au début du Xe, entraîne un arrêt et un recul dans le développement des collections de livres. Bien des cités et un grand nombre de monastères ont été brûlés par les Normands. Même quand ils ont pu être emportés dans les bagages des moines en fuite, leurs livres ont été souvent dispersés ou détruits.

Mais dans les régions épargnées par l'invasion et le pillage, les collections intactes se sont accrues et ailleurs elles se

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