ALIÉNATIONS IRRÉGULIÈRES DE LIVRES
crits du IX^ siècle qui portent la dédicace que l'évêque d'Auxerre, Héribaldus en a fait à son église, se retrouvent l'un dans la bibliothèque de Marmoutier, l'autre dans celle de Saint-Gall ^ Un manuscrit qui provient de la bibliothèque de la cathédrale du Puy a dû appartenir à l'église de Lyon, car un acte de précaire du X® siècle y a été transcrit, qui paraît être de Guy, archevêque de Lyon 2. Avant de devenir la propriété des moines de Saint-Père de Chartres, un manuscrit du VHP siècle avait été celle du monastère de Saint- Benoît de Fleury, dont il porte r« ex-libris » ^. Un manuscrit du IX^ siècle, qui renferme le poème de Dungal, le peregrinus, sur Hildoard de Cambrai, appartenait au X® siècle au monastère de Corbie, où peut-être il a été exécuté. On le retrouve ensuite à Saint-Remi de Reims * et on pourrait multiplier les exemples de ces transferts d'une collection à une autre. Il arrive aussi que des livres liturgiques, présentant des caractères propres à une église, mais exécutés dans le scriptorium de celle-ci pour, une autre église, passent par la suite à l'usage d'une troisième ^.
Un roi, un grand, puise légitimement parmi les livres de sa chapelle en faveur du trésor d'une église favorite. Mais un laïque, roi ou simple particulier, un évêque ou un abbé propriétaire de monastères, de « cellae », d'églises rurales, croira pouvoir disposer aussi des livres comme du reste des biens de ces égUses. L'abbé séculier d'un monastère se ferat-il scrupule de mettre semblablement la main sur des livres qui figurent parmi les biens meubles de l'abbaye qu'il tient en bénéfice ? Un évêque, un abbé même régulier, ne se contentera pas toujours de faire exécuter complaisamment des copies dans le scriptorium de son église ; il puisera parfois pour faire des présents à un roi, à une autre église, dans le sacrarîum ou la bibliothèque de l'église qu'il gouverne. On s'expHque ainsi que le roi Eudes, retenant en ses mains l'abbaye de Saint-Denis, ait pu se faire livrer des livres précieux du trésor en même temps que des pièces d'orfèvrerie ^ et que le « codex aureus » donné par Charles le Chauve