‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 695 sur 1203 · LIVRES PERDUS, VOLÉS · texte numérisé non relu

LIVRES PERDUS, VOLÉS

à ce monastère, ait été attribué plus tard par le roi Arnoul au monastère de Saint-Emmeran i.

Un membre d'une communauté au hasard de ses déplacements peut laisser dans un autre établissement un ouvrage qu'il avait en mains. L'abbé de Cluny, passant au monastère de Murbach, s'est vu présenter la vie de saint Maïeul. Cet ouvrage, écrit à Cluny, avait été emporté en Alsace par le prévôt Gamier, qui l'avait fait composer par Syrus. Le décès de Garnier, probablement survenu à Murbach, expliquerait la présence dans ce monastère d'un manuscrit clunisien 2.

La fuite des communautés qui, pour échapper aux dévastations des païens, emportent avec leur trésor leurs livres, ont fait passer plusieurs d'entre eux dans d'autres bibliothèques. A l'approche des Hongrois en 924, les moines de Saint-Gall ont cru mettre en sûreté leurs livres dans l'île où est sis le monastère de Reichenau ; le chroniqueur observe qu'hélas tous ne sont pas revenus ^. La belle collection, formée à Saint-Riquier, a été dispersée, au cours des pérégrinations des moines fuyant devant les Normands. Un abbé du X© siècle a retrouvé l'un de ces livres au monastère de Gorze *,

Les vols commis par des hôtes de passage qui emportent sans doute quelquefois des livres dans leurs bagages ont vraisemblablement contribué aussi d'une manière directe ou indirecte à fnistrer une bibliothèque ecclésiastique en faveur d'une autre. Une note apposée sur un manuscrit de l'église de Mayence signale que tels et tels ouvrages que possédait cette église ont été dérobés par un moine de Fulda ^. Peut-être les eût-on retrouvés plus tard dans la bibliothèque de ce monastère.

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