ABBAYES DES DERNIERS CAROLINGIENS
bénéfice royal que le comte de Flandre, Arnoul, tenait Saint- Bavon et sans doute Saint-Pierre au mont Blandin et Saint- Bertin ; Louis IV lui attribue en outre Yabbatia de Saint-Omer 1. Après la mort d' Arnoul, le roi Lothairea reconquis les abbayes de Saint-Vaast d'Arras et de Saint-Amand ; il aurait disposé de Yabbatia de Saint-Amand en faveur de Rathier, évêque déposé de Vérone 2. Albert de Vermandois déclare remettre aux mains du roi Louis IV l'abbaye d'Homblières 3. En Bourgogne, Louis IV cède, en 949, le monastère Saint-Martin d'Autun à l'abbé Humbert, car, dit-il, ce lieu doit être donné par la main royale 4. A la date de 936, il estime que l'abbaye de Saint-Germain d'Auxerre est encore à sa disposition, car à la prière de son fidèle Hugues, duc et abbé du monastère, il interdit atout évêque de solliciter cette abbaye de la majesté royale 5. En 940, à la prière d'Hugues, il cède à Alard, à sa femme et à leurs héritiers les abbayes de Faverney et d'Enfonvelle 6. En Aquitaine, l'abbé de Saint-Martial de Limoges, Aimric aurait été établi soit par Louis IV, soit par Lothaire 7.
393) . Les moines ont eu sans doute besoin de s'appuyer sur le roi de la nouvelle dynastie pour échapper à l'usurpateur qui s'est emparé de l'abbaye, probablement à la mort d'Oilbod et qu'a combattu Gerbert (Ep. 69, 86-88, 95, 142 et 143, éd. Havet, p. 65-127) ; cf. Lot., op. cit., 188, n. 4.
1. Mir. s. Bavonis, 7. L'évêque de Tournai-Noyon, Transmar écrit au marquis Arnoul « ad quem idem locus ex regio pertinebat beneficio » (SS, XV, 593)- C'est sans doute au même titre qu'il tenait Saint-Pierre, Saint-Bertin, Saint-Amand qu'il fit réformer dans le même temps (cf. Sackir, Die Cluniacenser, I, 127-133). Dans son diplôme du 7 janv. 962 pour Saint-Bertin, Lothaire donne à son fidelissimus Arnoul la qualité de « marchio abbasque ex cenobio monasterii Sithiu » (Halphen, Rec. actes Loth., 15, p. 34). Suivant Lambert de Saint-Omer, « Ludovicus rex Francorum abbaciam sancti Audomari comiti Arnulfo tradidit » (Séries abbat. s. Bert., SS, XIII, 390). Vabbatia de Saint-Omer paraît être ajoutée au bénéfice que constituait pour lui Saint-Bertin.
2. Ann. Eln. min., 966 : « Lotharius rex Atrebatum, Duacum, abbatiam sancti Amandi... invadit » (SS, V, 19) ; Gesta ep. Camer., I, 100 : « Arnulfo sene... mortuo, mox irruens Lotharius rex, possessiones illius, abbatias scilicet sancti Amandi, sanctique Vedasti cum castello... invasit » (VII, 442 ). S'il faut en croire Folquin, Rathier acheta au roi Lothaire Yabbatia de Saint-Amand ; Rathier affirme de son côté qu'elle lui fut offerte et qu'il l'a refusée, (cf. fasc. 2, 146, n. 4).