‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 1028 sur 1164 · PARTAGE DE L'« ABBAT1A · texte numérisé non relu

PARTAGE DE L'« ABBAT1A

tiales avec un autre abbé, religieux celui-là, qui administre au spirituel la communauté tandis que le comte retient la gestion temporelle et la jouissance de la mense abbatiale. Ainsi le comte de Flandre, Arnoul, après avoir fait réformer par Gérard de Brogne son abbaye de Saint -Bertin, a chargé du gouvernement d'abord deux simples moines, puis des abbés proprement dits ]. Il continuait pourtant de porter le titre d'abbé. A une date postérieure à la réforme, le roi Lothaire n'en connaît pas d'autre qu'Arnoul, à la prière duquel il délivre le diplôme qui place le monastère sous sa protection 2. En insérant cette pièce, Folquin observe que le comte Arnoul était, sous l'abbé Régénoldus, administrateur pour le temporel, mais comme la chancellerie de Lothaire, il le désigne aussi du titre d'abbé 3. Dans le même temps, les rois abbés admettent semblablement à côté d'eux un abbé qui les supplée 4. Le comte abbé qui résigne Yabbatia ou la partage avec un

i. Folquin, Chartul. Sith., II, 77 :« abbas et cornes Arnulfus... Gerardum... ad se advocavit ut cœnobium... ad regulae honorera stabiliret et ut perversam consuetudinem ne seilicet de caetero saeculares viri abbatum officium usurparent, funditus evelleret » (Guérard, Cart. S. Berlin, 144). Le biographe de Gérard déclare taire « quam strenue etiam beati Bertini cœnobio aliquandiu praefuerit » (Vita, 20, S &, XV, 671). Suivant Folquin, il n'a pas exercé à Saint-Bertin les fonctions abbatiales ; le gouvernement de la communauté fut remis d'abord à deux moines tirés l'un de Saint-Epvre, l'autre de Saint- Pierre, « comité jubente et Gerardo abbate consentiente » (Chartul. Sith., 1 1, 77, p. 145), puis â un abbé proprement dit, le neveu de Gérard, Guy. Celui-ci commit des écarts de jeunesse ; « apud comitem incusatus, abbatia est fraudatus et sancti Bavonis monasterio est destinatus « (p. 146). Le comte Arnoul lui donna pour successeur à Saint-Bertin un religieux zélé, son propre neveu, Hildebrand : « nepoti suo eumdem monasterium contradidit ad regendum » (78, p. 146). Lorsque Arnoul eut appelé Hildebrand à venir réformer Saint- Vaast, il établit à sa prière et avec le consentement des moines un nouvel abbé Régénoldus à Saint-Bertin (« committeret gubernandum..., in abbatis sublimavit honorem»,79, p. 14S) ; puis, la charge du gouvernement de la communauté étant de nouveau vacante, il la rendit à Hildebrand «ei iterato hune commendavit locum»(8o, p. 154).

2. 7 janv. 962: « venerabilis Arnulfus marchio abbasque ex cenobio monasterii Sithiu... ubi... prenominatus abbas... preessc videtur > (L. Halphen, F. Lot, Rec. actes Lothaire, 15, p. 34).

3. II, 79 : « Sub quo (Regenoldo), Arnulfus cornes et Sithiensis ecclesiae quantum ad temporale administrator privilegium immunitatis... impetravit » (p. 149). Arnoul a quondam cornes Flandrarum et abbas » est mort, dit-il, la troisième année après le retour d'Hildebrand, son neveu « abbatis nostri » (80, p. 154). Folquin signale un peu plus iiaut la venue à Sithiu d'Arnoul « cornes et abbas » et de son fils Baudouin.

4. On a vu, fasc. 2, p. 181, n. 1, que Conrad le Pacifique, roi de Bourgogne, prend le titre de rector du monastère de Saint-Maurice dont Yabbatia est retenue au patrimoine de la famille depuis le temps du comte Conrad. Néanmoins, un * abbas a parte Chuonradi régis » passe un acte d'échange (Mon. hisi. patriae, Chartae, II, 44, col. 62) et il s'agit sans doute d'Evrard signalé par une autre charte comme '< abbacie sancti Mauricii humilis minister » (45, col. 63). Sous Rodolfe 1 1 1, Bouchard, qui porte parfois le simple titre de prévôt (22, col. .58 ; 41, col. 60) est qualifié aussi d'abbé (75, col. S4). Cf. Poupardin, Le roy. de Bourgogne, 329. De même, bien que Conrad soit recteur de Saint-André-le-Bas, le monastère est placé « sub regimine p-atrh Eymoini a {(art. S. Andi c 239, anno 975 ?, éd. Chevalier, 183)

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