LES ABBAYES DES GRANDES FAMILLES
maîtres de Saint-Quentin, Saint-Médard et Notre-Dame de Soissons, Homblières, Mont-Saint-Ouentin, Saint-Quentin en ]'Ue 1. Les ducs de Haute-Lorraine, Frédéric I et Thierry I disposent de Saint-Mihiel, Moyenmoutier, Saint-Dié, Saint- Martin de Metz 2. Le duc de Bourgogne, Richard le Justicier est recteur de Sainte-Colombe de Sens, Saint- Symphorien d'Autun, Saint-Germain d'Auxerre 3. Au Xe siècle, les comtes de Chalon ont autorité sur Saint-Marcel 4, les comtes d'Auvergne sur Saint-Julien de Brioude 5. La maison de Blois dispose de Saint-Florent de Saumur 6 et à Chartres de Saint-Martin et de Saint-Lubin 7, la maison d'Anjou de Saint-Aubin, Saint-Lézin, Cormery 8. Les comtes de Poitiers sont maîtres de Saint-Hilaire, Saint-Paul, Saint-Maixent, Saint-Michel en l'Herm, Maillezais, Bourgueil, sans doute aussi de Saint-Cyprien et partagent avec les vicomtes de Limoges les droits souverains sur Saint-Martial 9. Les comtes de Toulouse exercent les mêmes droits à Saint-Pons de Tomiéres et sans doute à Saint-Gilles, Moissac, Psalmodi, Saint-Michel de Gaillac 10 ; les vicomtes de Béziers à Saint-
famille des Régnier (18 avril 978, Duvivier, Recherches sur le Hainaut, Codex dipl.' 29. P- 352 ; 977-83, 30, p. 354). Une femme qui, en 1009, s'asservit au monastère de Crespin stipule que sa descendance << nullum habeat advocatum prêter comiteni sub cujus principatu ipse locus Crispini est constitutus ». La charte est datée du règne de l'empereur Henri, « imperante Haignocensibus comité Raignero, cujus consilio eadem tradicio facta est » (Duvivier, Recherches sur le Hainaut, Codex dipl., 33, p. 364). Les chartes de Saint-Ghislain signalent la dominatio du comte Arnoul (ib avril 978, 29, p. 352 ; 977-83, 30, p. 354)-
1. Cf. plus haut, p. 15, n. 1 et p. 16, n. 1. A .Mont Saint-Quentin près Péronne, Albert fait réédifier le monastère, dote l'abbaye et y établit un abbé ; il défend à ses héritiers d'y exiger aucune coutume au droit d'avouerie (p. 28, n. 3). Il donne Saint- Quentin en l' Ile au clerc Anselme pour y réformer la communauté (Mirac. s. Quint., Colliette, Mém. hist. Vermandois, I, 570). Cf. Sackur, I, 191. C'est bien là faire acte de souveraineté.