ABBAYES SEIGNEURIALES
Thibéry, Saint-Étienne de Cabrières, Notre-Dame du Grau et peut-être déjà à Aniane, Gellone, Saint-Benoît de Castres *. Roger, comte de Carcassonne, possédait Saint-Hilaire de Carcassonne, les abbayes de Caunes et de Saint-Chinian et maintes autres abbayes, sans doute Montolieu, Saint-Estève de Cabardez, la Grasse, Saint-Antonin de Frézélas, Saint- Volusien de Foix ; les abbayes du Mas d'Axil, Saint-Geniés, Lézat, Joncels sont plus tard aussi aux mains de ses successeurs 2. Les petites dynasties de la marche d'Espagne étaient
Louis IV estime que l'établissement reste sous la juridiction du comte (plus haut, p. 7, n. 3). Guillaume Taillefer mort eD 1037 avait vendu Vabbatia de Moissac à l'abbé Gausbert (Charte de Gausbert, 9 juin 1069, H L, V, Pr., 265, col. 522). Le 29 juin 1063, le comte Pons cède cette abbaye à Cluny (235, col. 470). Parmi les biens donnés en douaire à sa femme par le comte Pons le 14 sept. 1037, figure la moitié « de abacia sancti Aegidii » (H L, V, Pr., 211, col. 428). Sa veuve et ses fils donnent pour son âme au monastère de Cluny « abbatiam sancti Aegidii et locum omniaque sibi pertinentia », en réservant seulement pour les comtes de Toulouse le donum abbatiae qu'ils feront en faveur de l'abbé régulièrement élu (276, col. 542-3) .Vers 1050, le comte de Maguelonne P. (qui ne peut être que le comte de Toulouse Pons, III, 317) donne à Saint-Victor de Marseille « potes tatem et electionem et dominacionem » sur le monastère Saint-Pierre de Psalmodi (V, 229, col. 459). Saint-Michel de Gaillac fondé au Xe siècle par les comtes de Toulouse paraît bien relever aussi de leur maison (IV, n. 119, p. 595).
1. On a vu (plus haut, p. 24, n. 3) que le vicomte Guillaume s'est dessaisi le 28 février 990 du dominium usurpé par lui sur Saint-Thibéry. Dans son testament qui est sans doute postérieur à cet acte de déguerpissement, il lègue pourtant à sa femme Arsinde Vhonor de Saint-Thibéry « ad condergendum, ad benefaciendum vel ad aedificandum » (H L, V, Pr., col. 319). Vers 1036, parmi les honores que le comte Guillaume fait serment de ne pas disputer à Pierre, comte de Carcassonne et vicomte de Béziers, figurent Yabbadia et le castellum de Saint-Thibéry (209, col. 426). Par l'acte de 990, Guillaume se dessaisissait aussi des monastères Saint- Etienne de Cabrières et Notre-Dame du Grau (col. 315-6), qui étaient peut-être des dépendances de Saint- Thibéry. Vers 1033, il fut convenu entre le vicomte Pierre et son frère Bermond qu'Aniane et Gellone seraient « in potestate Pétri comitis » et que Bermond tiendrait de lui ces abbayes en -fief (206, col. 416). En 1069, le vicomte Raimond Bernard et sa femme donnent en dot à leur ûlleVabbatia de Saint-Benoît de Castres « cum totum honorem quae ad abbatiam pertinent » (290, col. 569).
2. Le 22 février 970, à Carcassonne, « imperante Rogerio comité ejusdem provinciae », on procéda à la translation des reliques de saint Hilaire dans le monastère qui lui était dédié. A cette occasion le comte fit remise de tout le revenu « quod antiquis comitibus seu a se fuerat in eodem cœnobio... impositum », déclara affranchir le monastère de tout servitium et accorder aux moines la liberté d'élire leur abbé (Notitia, H L, V, Pr. 119, col. 262-4). A la prière de Roger, Benoît VII décida « ut non sit licitum ab hac hora, in antea, neque comiti, neque vicecomiti, neque episcopis... monasterium aliquid de suis rébus auferre. » (c. 982, 136, col. 295). Ces décisions marquent clairement que Roger et ses prédécesseurs avant lui considéraient l'abbaye de Saint-Hilaire comme leur appartenant et l'affranchissement que lui accorde le comté est bien un acte de souveraineté. Par son testament (c. 1002), il lègue à son fils Raymond la cité de Carcassonne et le comté, à l'exception des abbayes qu'il attribue (exceptas ipsas abadias quae ego dono ad filio meo Pétrone) à son autre fils Pierre, évêque de Girone (H L, V, Pr. 162, col. 344), abbayes qu'il ne désigne pas autrement. Toutefois « ipsa abadia de Caunas et ipsa abadia de Varnasona (Saint- Chinian) remaneat ad filio meo Raymundo » (col. 345). Les abbayes que Roger partageait alors entre ces deux fils sont vraisemblablement celles pour lesquelles Roger I, comte de Foix, prête serment vers 1034 à son oncle Pierre, évêque de Girone