‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 1054 sur 1164 · ÉVÊCHÉS DES ROIS DE BOURGOGNE ET PROVENCE · texte numérisé non relu

ÉVÊCHÉS DES ROIS DE BOURGOGNE ET PROVENCE

Peut-être ce roi a-t-il encore conféré l'évêché de Limoges 1. Plus au sud, toute trace d'intervention royale dans la collation des évêchés du royaume carolingien disparaît après le règne de Charles le Simple 2.

Plus faibles que les rois de Francia, les derniers souverains de Bourgogne et Provence, Conrad le Pacifique et Rodolfe III ne retiennent plus en leurs mains qu'un nombre restreint d'évêchés. On voit encore, vers 970, à Vienne, le roi Conrad désigner Thibaut aux électeurs 3. En 950, Isarn devient évêque de Grenoble sur l'ordre du même roi 4. 11 est intervenu aussi dans l'élection de l'évêque Pons d'Orange 5. En 1016, Rodolfe III donne l'évêché de Besançon à son familier Bertaud, qui en reçoit investiture par son bienfait et qui est consacré sur l'ordre du roi, mais ne peut se maintenir contre l'opposition du comte Otte Guillaume 6. Sur ces sièges l'action royale ne s'est probablement exercée qu'incidemment ; c'est seulement, semble-t-il, à Lyon, Genève, Lausanne et Sion que les derniers rois bourguignons maintiennent leurs droits traditionnels. Ils ne conservent la disposition que de quatre sièges sis tous dans la partie septentrionale du regnum, alors qu'il en comprend théoriquement une trentaine 7. Encore le chroniqueur Thietmar écrit-il de Rodolfe III : « réduit à ne porter que le nom et la couronne, il donne les évêchés à ceu>: qui sont désignés par les grands 8. »

1. Adémar de Chabannes, Chron., III, 25 : « Eblus (frère de Guillaume Tête d'étoupe), annuente Ludovico rege, pontifex Lemovicae factus est » (p. 146).

2. Le 20 nov. 908, l'archevêque de Narbonne avant d'installer à Girone l'évêque Guignes déclare encore qu'il est agréé par le roi « asserens eum a regia aula prelatum et ejus jussione atque suorum episcoporum Gotiae electura ». Tous alors « regiae jussïoni se promptissime obedituros professi sunt » (H L, V, 35, col. 125).

3. Voir le récit de l'élection dans l'office de saint Thibaut, de Manteyer, Les origines de la maison de Savoie, Notes addit., Le Moyen âge, V, 1901, p. 266.

4. Procès-verbal de l'élection: «incliti régis nostri Conradi (expetere consilium) ..., regali, ut dignum est, favente imperio » (Marion, Cart. de Grenoble, Suppl., 4, p. 263).

5. Procès-verbal de l'élection, 914, Gall. Christ., I, Instr., col. 131. La pièce a été altérée, mais au jugement de M. Poupardin (Le roy. de Bourgogne, 299, n. 3), on peut en conclure que Conrad a au moins incidemment exercé influence sur la partie méridionale du royaume qui se soustrait à son autorité.

6. « episcopatum dédit » (Thietmar, Chron., VIII, 28, éd. Kurze, 210) ; « beneficio vero régis... professus est investituram se ejusdem archiepiscopatus accepisse eoque rege precipiente... consecratum fuisse » (Bulle de Léon IX, 19 oct. 1049, Gall. Christ., XV, Instr., col. 10). Chassé par Otte-Guillaume, Bertaud ne fut rétabli que par le roi germain Henri et dut d'ailleurs abandonner définitivement ses prétentions (cf. R. Poupardin, 130-2.)

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