ÉVÊCHÉS SEIGNEURIAUX, LANGUEDOC
Ceux-ci sont maîtres, dès le Xe siècle, de la plupart des évêchés de Gascogne, tandis que les autres échoient à la petite féodalité du pays 1. La maison de Toulouse dispose en tout ou en partie des évêchés de Toulouse, Albi, Cahors, Narbonne, Nîmes 2. Les comtes de Carcassonne jouissent des mêmes droits à Carcassonne et au Conserans, les comtes de Melgueil à Maguelone 3. A Agde, Béziers, Lodève, l'évêché est aux mains des vicomtes 4. Dans la marche d'Espagne, les évêchés
vint tenir son plaid à Saint- Junien avec le comte d' Angoulême Guillaume, le vicomte Guy et les autres principes du Limousin : « Ibi... elegit in episcopatus honore Jordanum... ; ad sedem sancti Marcialis in aula sancti Stephani Jordanum deduxit et cum baculo pastorali ibi eum gratis honore pontificali vestivit » (III, 57, p. 182-3). En 1045, Guillaume Aigret renonce à l'exercice du droit de régale sur l'évêché vacant, qui était sans doute à cette date de coutume immémoriale aux mains des comtes. Nous n'avons pas plus de données sur la promotion des évêques de Saintes, Angoulême, Périgueux, qu'au sujet des évêques de Poitiers, mais les documents marquent que le comte de Poitou les tient pour ses évêques. En 990, c'est l'évêque d'Angoulême qui consacre en sa cité Audouin (loc. cit.), usurpant sur les droits du métropolitain des évêques de Limoges, l'archevêque de Bourges. En 1021, Islon, évêque de Saintes, et Isimbert, évêque de Poitiers, participent à l'élection de Jourdain de Limoges. Au mépris des droits de l'archevêque de Bourges étranger à la seigneurie du comte-duc, le sacre lui est conféré par les quatre évêques de Saintes, Angoulême, Périgueux, Poitiers et il est intronisé à Limoges par le comte Guillaume et l'évêque de Périgueux (loc. cit.). Dès 989, on voit les évêques de ces cinq cités se présenter avec l'archevêque de Bordeaux « ad curiam ducis », délibérer avec Guillaume Fiérabras « de communibus ecclesiae sanctae utilitatibus » et l'escorter dans de pieuses expéditions (Pierre de Maillezais, De cœnobio Malleac, I, 2, Migne, CXLVI, 1254). C'est évidemment de ces évêques que Guillaume le Grand écrit à Fulbert : « quantam nobis et episcopis nostris et optimatibus consolationem fecisses » (H F, X, 485). En 1029, l'archevêque de Bordeaux fut établi par les ducs Guillaume d'Aquitaine et Sanche de Gascogne qui se sont rencontrés à cet effet à Blaye « adgregato conventu ...constitueruntarchiepiscopum»M^'way!' chron., III, 69, p. 194). Cf. Lot, Et. Hugues Capet, 220 ; Richard, Hist. comtes Poitou, I, 178 ; Imbart, 250-2.