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CHAPITRE III Le « servitium » des églises seigneuriales

Les évêques et les abbés étaient, au IXe siècle, les fidèles du souverain ; en prenant possession de son siège, l'évêque s'engageait vis-à-vis du roi à lui rendre les devoirs qui sont dus par un homme à son seigneur 1. Lorsqu'au Xe siècle, les grands commencèrent à se substituer au roi dans la souveraineté des évêchés et abbayes, ils tinrent aussi les prélats pour leurs fidèles et exigèrent d'eux les services qui s'attachent à cette condition.

Les évêques du duché ou comté, dans la mesure où ils échappaient au pouvoir royal, devenaient les évêques du seigneur régional. Guillaume le Grand, comte de Poitiers, écrivant à Fulbert de Chartres, parle de ses évêques et les met au rang de ses autres fidèles 2. Alain Barbetorte, duc des Bretons, mande sur son lit de mort à ses prélats, c'est-à-dire aux évêques des neuf sièges péninsulaires, de venir en hâte à Nantes jurer fidélité à son fils. Un peu plus tard, les évêques bretons déclarent qu'ils obéissent à Conan, prince des Bretons, comme à leur seigneur 3. Il n'est pas douteux que les évêques de Normandie n'aient été de très bonne heure assujettis de la même manière vis-à-vis de leur duc. Dans le royaume de Bourgogne, au commencement du XIe siècle, les évêques que Rodolfe III n'est plus capable de protéger, mettent leurs mains dans celles des grands et les servent comme leur roi 4.

Mais le princeps du pays n'est pas seulement le seigneur du prélat, il l'est aussi de la communauté et de l'église ellemême, de l'abbaye, de l'évêché dont il dispose. Des chartes monastiques du Xe siècle le désignent souvent comme le

i. Cf. fasc. 1, Le droit du roi, 86.

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