‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 1088 sur 1164 · CHARGES DE LA « FAMILIA · texte numérisé non relu

CHARGES DE LA « FAMILIA

une bête de somme chargée et un homme pour la conduire. Ils seront tenus à la même fourniture si une seconde fois dans l'année il faut partir pour l'ost 1. Cette contribution militaire acquittée pour le service royal, mais aux mains du seigneur des moines, les plaçait à cet égard sous sa dépendance et frayait la voie à un service purement seigneurial.

Au XIe siècle, la charge des obligations militaires vis-à-vis du pouvoir seigneurial pèsera lourdement sur la jamilia des églises. A défaut d'un privilège, leurs hommes devront prendre part aux guerres privées soutenues par le seigneur, de qui relèvent l'évêché, l'abbaye ou les terres de l'église, faire le guet, acquitter des charrois et des corvées 2. Il est vraisemblable que le service militaire seigneurial a été exigé déjà sous cette forme dès la deuxième moitié du Xe siècle 3.

i, « quando ad servi ci um pii régis perrexerit unum saumarium onustum praestent, cum horaire qui illum ducat. Similittr secunda vice faciant si iter in hostem eodera anno contigerit » (Wirtemb. U B, 136, I, 160).

2. M. Flach, Les orig. de l'une. France, I, 317 et suiv. cite de nombreux textes concernant les devoirs militaires dus au X Ie siècle au seigneur par les hommes des églises.

3. Entre 1007 et 1026, Foulques Nerra, comte d'Anjou, remettant à Saint- Aubin d'Angers des coutumes qui sont à charge au monastère, stipule au contraire « quod homines sancti Albini, ab abbate summoniti convenienter contra hostes in exercitum meum ibunt » (Cart. S. Aubin, I, 4, p. 10). M. Voigt (Das Karoling. Klosterpolilik, z^y) observe que dans un acte de 970, l'abbé de Saint- Aubin, Aubert, concédant une terre, stipule que la militaris manus lui sera rendue (r93, p. 223) et en conclut qu'à cette date déjà le contingent du monastère était dû au seigneur. L'acte montre seulement que l'abbé exige de son bénéficier le servitium ; vraisemblablement toutefois, c'est déjà en faveur du comte d'Anjou, comme au temps de Foulques Nerra, que l'abbé utilise le service armé de ses hommes. En 1023, Foulques Nerra accordait au monastère de Saint-Nicolas, fondé en 1020, l'exemption du service d'ost, sauf le cas de guerre (bellum), et des réquisitions de chariots, bœufs et ânes (Halphen, Le comte d'Anjou, Catal. 34, p. 254). On en peut conclure que les autres monastères angevins étaient, à cette date, traditionnellement assujettis au service d'ost vis-à-vis du comte.

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