‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 1101 sur 1164 · LORRAINE, FLANDRE · texte numérisé non relu

LORRAINE, FLANDRE

ment il avait distribués en bénéfice à ses fidèles 1. Il leur avait constitué aussi des bénéfices aux dépens de Saint-Maximin de Trêves 2. Saint-Mihiel a perdu dans le Saintois des propriétés que les ducs lorrains ont en partie retenues pour eux, en partie distribuées en bénéfice à leurs milites 3. Frédéric I, duc de Haute Lorraine, n'a enlevé aux moines de Saint-Mihiel rien moins que le tiers de leurs terres pour en constituer la dotation du château qu'il construit à Bar. Ses successeurs ont en outre détaché des deux autres parts précédemment laissées aux moines de nombreuses villae, qu'ils ont cédées à leurs milites en bénéfice 4. Arnoul le Vieux, comte de Flandre, avait enlevé aux établissements religieux des domaines considérables pour les distribuer à ses serviteurs 5. Lorsque Sainte- Waudru de Mons fut passée sous la domination des comtes

i. Raineri mir. s Gisleni, 9 : « tam praeceptis regalibus quam salubribus Stephanf Cameracensis episcopi exortationibus..., praedia quae quondam beneficii gratia suis distribuerai fidelibus beatoGysleno reddidit » (S S, XV, 583) ; cf. Vita Gerardi, 17 : « quaedam scilicet praedia subtrahens sibi militibus quae non pauca expenderat beneficii gratia militantibus » (p. 668.) Le biographe de Gérard de Brogne donne une portée générale au renseignement qu'il tire sans doute des miracles de Saint-Ghislain et fait honneur au duc Gilbert d'avoir restitué à diverses églises lorraines tout ce qu'il leur avait enlevé pour en faire des bénéfices.

2. Sigehardimir. s. Maxim., n : « monachos hujus monasterii etiam vehementer afflixit, ea scilicet quae in usus eorum cesserant adimens suisque satellitibus disperciens ». Averti par le saint, il a restitué ces biens au monastère (S S, IV, 231-2). Sigehard rapporte aussi qu'au temps du duc Gilbert, Adalbert avait en bénéfice la villa de Remingen (Mirac.s. Max., 15, S S, IV, 233). Vraisemblablement, ce bénéfice était tenu du duc. Le « saevissimus quidam », qui tient en bénéfice une autre villa de Saint-Maximin (p. 232), était sans doute aussi son vassal.

3. Chron. de Saint-Mihiel, 32 : « partira sibi retinentes, partim suis militibus in beneficio tribuentes » (éd. Lesort, 30). Suivant le chroniqueur, qui écrit dans la première moitié du Xe siècle, le fait s'est produit « prisco tempore ». L'aliénation serait par conséquent imputable aux premiers ducs de Haute-Lorraine, Frédéric I (959- 978) ou Thierry, soit même au duc de Lorraine, Gilbert.

4. 6 : « Cumque in partibus istis terram non haberet unde castrum illud casare posset, de tercia parte possessionum abbatiae illud casavit, dicens castrum illud totius abbatiae tutamen fore » (p n) ; plainte contre Renaud II de Bar, 115 1-2 : « Quo non contenti de supradicta terciatione, etiam de duabus residuis partibus quamplures viUas militibus in bénéficia distribuerunt » (Cart., 99, p 332):

5. Ep. Othelboldi abb. s. Bavonis ad Otgivam : « maximas inde abstrahens partes, satellitibus suis, secundum quod unicuique eorum erat contiguum distribuit» (Miraeus, Op. dipl., I, 349). Saint-Bavon a perdu en particulier la jouissance du domaine de Winterschoven, qui a été donné en bénéfice à Thietboldus, puis à Adelgaudus par le comte de Flandre « abbatiam sancti Bavonis tenente » (Vita s. Landoaldi, 1, S S, XV, 603). Aux termes du diplôme de Louis d'Outremer, 20 août 950, le comte Arnoul, rétablissant la discipline régulière à Saint- Pierre- au-mont-Blandin, a rendu « quasdam res, quamvis non omnes que dudum per violentiam et nimiam saecularium cupiditatem inde, fuerant absumptùu » (van Lokeren, Cliartes S. Pierre, 21, p. 27) et suivant la charte du comte, 8 juill 942 : « si non omnia, saltem aliqua quae predecessorum meorum tempore inde sunt abstracta » (18, d 24). Arnoul et ses prédécesseurs ne sont sans doute pas étrangers à ces usurpations. On a vu plus haut (p. 67, n. 6 ) que Marcbiennes en a subi aussi de sa part.

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