‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 1103 sur 1164 · FRANCIA · texte numérisé non relu

FRANCIA

de France, Robert et Hugues le Grand, usurpant le titre et les droits d'abbé de Saint-Germain-des-Prés, aliénèrent les biens du monastère et les distribuèrent à leurs propres milites l. Aux termes d'un diplôme délivré en 1061 par Philippe I, Hugues le Grand a dépouillé ce monastère ainsi que les autres églises de nombreux domaines. Il a enlevé à son abbaye de Saint-Germain la villa de Combs pour la céder en bénéfice à Hilduin, comte de Montdidier 2. En 975, l'évêque d'Orléans réclame près du duc des Francs, Hugues Capet, une terre enlevée autrefois à son église et qu'un miles du duc tenait alors de lui en bénéfice 3. Les ducs de Francia ont aussi cédé en bénéfice des biens de leur monastère de Marmoutier 4. En leur qualité d'abbés de Saint-Martin, ils puisent à pleines mains dans l'avoir du grand monastère de Tours 5. Le comte de Chartres, Eudes, a constitué des bénéfices à plusieurs de ses fidèles aux dépens de l'abbaye chartraine de Saint-Martin

1. Aimoini contin., V, 45 : « ea quae abbates recipiebant sibi addixerunt et statuentes decanos monachis sibi nomen abbatis usurpaverunt, ea vero quae tune sibi ex rébus ecclesiasticis vendicarunt, propriis militibus distribuerunt et juri ecclesiastico subtraxerunt » (H F, XI, 274). L'historiographe ajoute que lorsque Hugues le Grand eut résigné Vabbatia et établi Gualon comme abbé, il restitua à l'église ce qui avait été aliéné « cupiditate praedictorum ducum et abbatum » (p. 275).

2. « accidit, tempore Hugonis ducis qui magnus cognominabatur, ut ipse dux sicut alias ecclesias attenuaverat multis prediis, ita quoque hanc ecclesiam mutilaret ablatione multarum possessionum. Unde inter alia... villam Cumbis cœnobio... detraxit eamque dédit in beneficio cuidam Hilduino nomine, comiti de Monte qui vocatur Desiderius» (Poupardin, Ch.S. Germain, 64, p. 104-5). Longnon (éd. Polypt. Introd., 222) estimait que les ducs de France convertirent au Xe siècle en fiefs la plupart des domaines du monastère.

3. Charte de Hugues : « et nunc eam quidam miles noster Hugo e nostra manu videbatur tenere in beneficium » (H F, IX, 733).

4. Charte de Hugues Capet, 10 avril 970 : < deprecatus est nos quidam vasallus ac fidelis noster, nomine Haymo, uti ex rébus portariae sancti Martini majoris monasterii, quam ipse per nostrae largitionis donum tenere videtur » (Cartier, Mél. hist., 19) ; Dipl. de Robert II, 996-1007 ; Pfister, Cat., 7 : « capella sancti Audoeni quae proprio nostro olim eidem loco videbatur adjecta, sed a ducibus Franciae fuisse privata ab eodem loco vere scitur hactenus beneficioque conlata » (H F, X, 584).

5. C'est ainsi qu'Eudes, imitant d'ailleurs les abbés ses prédécesseurs, a disposé en faveur d'un fidèle, « ut suas proprias ut sibi exinde serviret beneficiario jure » et sans l'assentiment des chanoines, de la cella de Saint-Clément appartenant à leur hôtellerie (Charte de Robert, 22 mai 899, Mabille, Les invas. norm., Pièces just. 8, Bibl. éc. chartes, XXX, 441 ; 13 sept. 900, 9, p. 442). Sous Robert, la terre de Martigny est tenue en bénéfice par le vasallus dominions, Gosbert (3 nov. 915, 14, p. 456). Hugues le Grand s'est emparé de Vençay, Berthenay, Joué, affectés à la porterie et les a donnés en bénéfice ; il les rend le 26 déc. 940, avec l'assentiment des vasalli dominici (Pane, noire, 125, p. 125 ; Introd. aux Chron. d'Anjou, pièce just., 9, p. evi ; cf. Lauer, Louis IV, 64, n. 1). Il en avait sans doute cédé une part à Thibaut le Tricheur, comte de Blois, car celui-ci se dessaisit en faveur du chapitre des coutumes qu'il prélevait sur ces terres (Pane, noire, 143, B. N. Paris, Coll. Housseau, I, 248, f° 287). A la date du 27 déc. 954, Ingelbaut était « dono beneficii domni Hugonis... rector ac dominus sancti Johannis abbatiolae, cujus cellula inter sancti Martini monasterium videtur sita » (Pane, noire, 108, p. 122, Coll. Housseau, I, 177 f° 214)-

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