‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 1118 sur 1164 · PATRONAGE SEUL ACCEPTÉ · texte numérisé non relu

PATRONAGE SEUL ACCEPTÉ

sa lignée paternelle l'un de ses trois parents les plus proches remplisse toujours la fonction de défenseur ou d'avoué du monastère l.

Au Xe siècle, les seigneurs se préoccupent très souvent de limiter à un simple patronage l'intervention de leurs descendants et successeurs dans les affaires du monastère qu'ils établissent ou qu'ils réforment. Le comte de Toulouse, Raimond Pons, a soustrait Saint-Pons à toute domination séculière ; ses successeurs confirment l'indépendance des moines et promettent d'être leurs auxiliaires et défenseurs 2. Dans les dernières années du Xe siècle, le vicomte de Thouars a donné aux moines de Saint-Florent l'église Saint-Michel en l'Herm, afin qu'ils y établissent une colonie de religieux ; il sera, sa vie durant, le gardien et le procurateur du petit établissement 3. Vers 984 .Saluster se réserve l'usufruit du monastère qu'il donne aux moines de Vabre ; après sa mort, Odobellus sera non pas son héritier, mais le tuteur et défenseur du lieu 4. Le comte Conrad a construit un monastère dans son château de Limbourg. Son héritier, décide Otton I, sera patron et avoué du monastère, sans usurper aucun pouvoir plus grand 5.

Les seigneurs qui prétendent au dominium de l'abbaye se contentent souvent du simple titre d'avoué. Les droits dont les ducs de Haute-Lorraine jouissent à Saint-Mihiel, Moyenmoutier, Saint-Dié sont qualifiés d'avouerie 6. Après Gilbert qui s'est démis en faveur d'un régulier de Y abbatia de Stavelot, le duc Conrad exerce sur le monastère un regimen que les

1. Statuta promulgués par Richarde vers 892, X I : « de defeusore et advocato » ; XII « Inter très qui sint propinquissimi, ex paterna progenie semper unus eligatur qui jus ejusdem regiminis justissime procurandum suscipiat » (Grandidier, Hist. de Strasbourg, II, Pr. 1C5, p. cccv).

2. Charte de Raimond Pons, 937 : « sit locus ipse a dominatu omnium hominum liber ut neque rex neque princeps, neque episcopus, neque ullus ex propinquis iid.->tris... dominatum exercere... praesumat » (H L, V, 69, col. 177). En 1085, Raimond de Saint-Gilles leur confirme leur affranchissement de toute domination et potestas et leur promet d'être pour eux et leurs biens un adjiitor et deffensor (366, col. 698) .

3. Charte de Guillaume Fiérabras, août 994 : « et ipse super eos dum advixerit, pervigil ac procurator existât >• (Gall. Christ., II, Pr., col. 410).

4. « et post meum discessum Odobellus non haeres sed tutor et deffensor fiât ad benefaciendum « (H L, V, 137, p. 299).

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