‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 1153 sur 1164 · POURQUOI DISPARAIT LA LÉGISLATION DES CAPITULAIRES · texte numérisé non relu

POURQUOI DISPARAIT LA LÉGISLATION DES CAPITULAIRES

caire verbo régis en un précaire spontanément consenti par eux.

L'évolution subie par le bénéfice royal constitué en biens d'églises, ou plutôt la substitution du miles vassal de l'église au miles vassal du roi, contribue aussi à expliquer pourquoi la double dîme a disparu. Cette redevance n'avait pas été et ne pouvait être stipulée par les rois à la charge des bénéficiers spontanément investis par le prélat ; seul, le fidèle du roi qui jouissait par sa largesse de biens d'église devait verser au propriétaire les dîmes et nones du revenu. Quand le roi cessa de créer des bénéfices en terres d'église et que seul le prélat possessionna ses milites, la source d'où provenaient les doubles dîmes fut tarie. Les biens qui traditionnellement acquittaient cette taxe, continuèrent quelque temps encore de la payer; quelquefois l'église l'exigea des bénéficiers qu'elle mettait en possession. Mais cette redevance, dont l'origine était oubliée, répondait à une conception du bénéfice désormais périmée. La puissance royale affaiblie cessait de l'imposer ; ainsi les charges caractéristiques du précaire verbo régis disparurent-elles avec lui.

Toutes les institutions de l'âge carolingien qui réglaient le détournement des biens d'église pour les usages profanes ont été abolies de la même manière au cours du Xe siècle. Tout concourait à détruire cette législation. Les souverains qui en auraient pu souhaiter le maintien n'étaient plus assez forts pour l'imposer. Le clergé répugnait au joug et le rejetait. Ceux pour qui avait été créé le bénéfice royal constitué en terres d'église souhaitaient s'affranchir des charges qu'il leur imposait. Le pillage, la dépossession pure et simple des églises convenait bien plus à des temps d'anarchie que les règles qui commandaient, mais limitaient la spoliation des temps carolingiens. Les seigneurs ecclésiastiques offraient, spontanément, à des conditions librement débattues entre les parties, des bénéfices aux hommes qui consentaient à les servir. L'affaiblissement du pouvoir souverain, les progrès de leur indépendance les affranchissaient de l'intervention du roi ou du grand seigneur dans les concessions bénéficiaires.

Les mêmes causes qui entraînent la disparition des précaires verbo régis ont fait naître la vassalité ecclésiastique. Dès le IXe siècle, le clergé acceptait qu'une part de ses biens constituât des bénéfices en faveur des milites, à condition qu'ils fussent les hommes de l'église. Ces hommes d'armes seront pourvus par elle d'une terre, casés (casati) par la largesse du prélat. A mesure que celui-ci prend place dans l'organisme

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