‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 188 sur 1164 · DÉBATS SUR L'USAGE DES BIENS D'ÉGLISE · texte numérisé non relu

DÉBATS SUR L'USAGE DES BIENS D'ÉGLISE

Ainsi interpellés par l'archevêque de Lyon, les deux abbés qui présidaient la réunion ont fait une réponse qu'Agobard déclare avoir été pleine de piété. Favorables, le premier surtout, à la cause de la discipline ecclésiastique, ils ont néanmoins voulu apaiser et clore au plus vite un débat soulevé à. l'improviste en public et qui devenait, sans doute orageux. Agobard ne sait s'ils ont rapporté à l'empereur les propos entendus 1.

Mais il n'était plus possible d'éluder la question soulevée par Agobard et qui avait mis en fermentation tout l'entourage du palais. Adalhard et Hélisachar, mandés l'année suivante au palais de Compiègne, eurent entre eux tt peut-être avec les principaux personnages convoqués par l'empereur, de nombreuses conférences 2. Vraisemblablement, cette commission devait, après étude de l'affaire, proposer à l'empereur des résolutions qu'il publierait à l'assemblée prévue pour le mois de Novembre. Agobard, bien qu'absent, croit pouvoir, sur le rapport qui lui a été fait, formuler en ces termes les conclusions des conseillers de Louis.

« D'abord on s'attachera à faire comprendre à tous la faute commise en faisant emploi illicite des biens sacrés. Puis on fera agir la crainte du Seigneur >\ Les conseillers de l'empereur se rallient par conséquent au principe formulé par Agobard. Jusqu'alors il était admis que l'intérêt public excusât le détournement des biens d'église. Il faut sur ce point redresser l'erreur commune ; on publiera devant les grands assemblés que l'occupation des biens d'église est illégitime ; on inspirera aux coupables une terreur salutaire. Dans les discours d' Agobard, l'avertissement était à l'adresse de l'empereur ; c'est à lui de craindre et de faire pénitence d'une faute commise par ses prédécesseurs. Adalhard et Hélisachar transposent la leçon à

i. 4 : « Cum haec igitur a me dicerentur, responderunt pie reverentissimi viri Adalardus et Helisacar abbates. Utrum vero audita retulerint domno imperatori nescio » (p. 168).

2. 5 : « Sequenti autem anao, cum adessent' jussi in Compendio palatio et de-his inter eos sermo haberetur, ad hune moduin, post multa colloquia, in quantum ego intellexi, ratiocinia sunt perducta » (p. 168). Jussi se rapporte sans doute à Adalhard et Hélisachar, dont mention est faite dans la phrase qui précède. Peut-être aussi des colloques furent-ils tenus entre tous ceux qui avaient été convoqués (jussi) au palais. Même en ce cas, il ne s'agit certainement pas de l'assemblée générale, puisqu'on a décidé dans ces colloques ce qu'il faudrait faire connaître à tous, évidemment au cours de l'assemblée qui se réunit à Compiègne le Ier novembre (Einh.ann. 823 SS, II, 211). Il s'agit donc d'une commission qui prépare les résolutions dont l'assemblée sera saisie. La suite du récit d' Agobard montre que les conclusions sont soumises à l'empereur, qui traite lui-même la question devant les évêques et les grands réunis au plaid. Le « quantum ego intellexi » marque qu'Agobard n'était pas présent à ces colloques, bien que peut-être il soit venu au plaid.

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