PART FAITE PAR WALA A LA MILICE
En 823, Adalhard et Hélisachar, examinant les plaintes d'Agobard, concluaient que les laïques pouvaient retenir les biens d'église qu'ils occupaient, à la condition de se consacrer à la défense de l'Église comme à celle de l'État. Wala admet que les milites soient en partie défrayés par les églises, mais à la condition qu'iis dispensent le clergé de toute charge militaire. Les clercs alimenteront la milice de leurs biens afin de ne pas la soutenir du concours de leur personne. Le bénéfice concédé aux séculiers doit être le rachat du service public exigé du clergé.
Ces obligations sont en effet considérées par les partisans des réformes, comme incompatibles avec la profession religieuse. S'il faut en croire Paschase Radbert,. Wala déplorait l'asservissement aux affaires publiques où la crainte d'être dépouillés réduit les chefs des églises ]. Suivant le même historien, c'était aussi aux veux d' Adalhard la funeste conséquence de l'enrichissement des églises, le châtiment qu'appelle la cupidité du clergé : « Les recteurs des églises, disait cet abbé, même ceux qui ont fait profession de renoncer au siècle, sont de nouveau obligés de le servir, parce qu'ils sont gorgés de ses biens. Si aujourd'hui, nous devons prêter assistance à la république, c'est parce que, affaiblie par nos cupidités, il est manifeste qu'elle ne peut plus se soutenir par elle-même, et c'est ainsi que malgré nous, nous sommes tombés dans les liens du plus honteux esclavage 2 ». Adalhard eût donc admis, semble-t-il, comme son frère Wala, la valeur de l'objection faite par les séculiers lors des discussions dont retentit le palais d'Aix en 828.
Par là, il semble que Wala se soit montré plus conciliant encore que ne l'avaient été Agobard à Attigny et les primores regni àThionville. Ceux-ci autorisaient les laïques à garder, sous certaines conditions, les biens d'église déjà sécularisés, mais entendaient mettre à l'abri de leurs empiétements toutes les propriétés restées aux mains du clergé. Wala est d'avis qu'une part soit accordée par les prélats à la milice, en retour des services qu'elle rend à l'État et dont elle dispensera dès lors le clergé. Peut-être entend-il seulement persuader les recteurs des églises qu'il convient de ne pas disputer à la milice sécu-