‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 225 sur 1164 · LES ÉGLISES ETRANGERES SONT SACRIFIEES · texte numérisé non relu

LES ÉGLISES ETRANGERES SONT SACRIFIEES

par Louis le Pieux, et quand deux révoltes successives des fils qui s'estimaient lésés, eurent affaibli l'autorité impériale, les églises de Francia furent dépossédées en Aquitaine et en Italie par les souverains du pays. Pépin a possessionné se* fidèles en leur abandonnant des biens que possédaient, en Aquitaine, des églises et des monastères des pays du Nord. Lothaire a dépouillé de leurs biens sis en Italie les églises transalpines et répond aux avertissements de son père qu'il lui est impossible de leur accorder restitution intégrale.

Après la mort de Louis le Pieux, ses fils ne songent plus qu'à s'attacher de nouveaux fidèles et sacrifient volontiers les droits acquis par des églises et par des prélats étrangers à leurs États. La cella de Turholt, donnée par Louis le Pieux à Anschaire, archevêque de Hambourg, pour lui permettre de subvenir aux frais des missions entreprises dans la région de l'Elbe, appartenait, par suite du partage, au royaume occidental. Charles le Chauve, sans souci de l'œuvre d'apostolat auquel elle est affectée dans un autre royaume, la reprend pour l'attribuer à son fidèle Régnier \ C'est peutêtre parce qu'il désespère de prendre possession de leur pays, que Lothaire fait fi des droits des moines de Ferrières sur la cella de Saint- Josse et donne ce bien en bénéfice à l'un de ses fidèles 2.

La constitution de trois royaumes indépendants privait les églises, dont l'avoir n'est pas contenu dans les limites d'un seul, des garanties que leur offrait, en 817, le maintien de l'autorité impériale sur tous les États carolingiens. Toutefois, le régime de la concorde fraternelle que les rois réconciliés prétendent instituer, leurre le clergé des mêmes promesses. L'accord conclu en 847 à Meerssen, stipule que les églises ne souffriront pas du partage. Elles retiendront, par tout le royaume des trois frères, leur ancienne dignité et honneur ; tout ce qu'elles possédèrent légitimement du vivant de l'em-

1. Vita s. Anscharii, 21 : « Nam cum cella supradicta Turholt in partem cessisset venerandi régis Caroli, ipse eam a servitio quod pater suus disposuerat, amovit et vobis bene cognito dédit Reginario » (SS 11, 706) ; 23 : a utpote quod post partitionem inter fratres suos in regno suo conjacere videbatur » (p. 708).

2. C'est en vain que l'abbé Eudes a cherché à se ménager les bonnes grâces de l'empereur (Lupi ep. n, cf. plus haut, p. 175, n. 6). La région où est sis Ferrières, paraît être acquise à Charles. Ce roi délivre, le 12 janv. 841 , un privilège à l'église de Ne vers (HF, vin, 428). Le comté de Sens était vraisemblablement compris parmi les 10 comtés entre Seine et Loire abandonnés par Lothaire à Charles, lors de la trêve passée à Orléans à la fin de 840 (Nithard, II, 4, SS, n, 657). Lothaire ne paraît pas être venu dans cette région lors de son offensive en 840 (Cf. Lot, Halphen, Le règne de Charles le C/iaMiie,i8-ig).Saint-Josse,en vertu du partage de 839, devait faire partie du royaume de Charles (Ami. Bertin., 21); mais vraisemblablement, en 840, Lothaire compte s'emparer de toute la région du Nord et, en fait, il dispose de cette cella.

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