‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 226 sur 1164 · ÉGLISES DE « FRANCIA » DÉPOUILLÉES EN AQUITAINE · texte numérisé non relu

ÉGLISES DE « FRANCIA » DÉPOUILLÉES EN AQUITAINE

pereur Louis, elles le recouvreront sans diminution 1. Louis le Germanique explique que les biens des églises, en quelque royaume que soit leur siège (caput), biens des évêchés ou biens des abbayes, seront possédés sans contradiction par les recteurs des églises, comme ils l'ont fait du temps de leur seigneur et père 2. L'idée que les démembrements de l'ancien empire ne doivent pas atteindre le patrimoine des églises, inspire encore la convention passée en 878, à Fouron, entre Louis ]e Bègue et Louis le Jeune. Les deux rois reproduisent textuellement la clause insérée à Meerssen dans l'ordonnance de Louis le Germanique. Ils y ajoutent encore cette disposition ; « Si quelque détriment est causé aux églises, il leur sera fait justice, en quelque royaume que soient les biens spoliés 3 ». En dépit de ces promesses solennelles, les églises de Francia possessionnées en des royaumes différents, ont grand peine à faire respecter leurs droits. Le monastère de Saint-Denis a été dépouillé de biens qu'il possédait de l'autre côté des Alpes et peut-être sur la rive droite de la Meuse, dans les États de Lothaire I 4. Hincmar est prié d'intervenir auprès d'un certain Arnaud qui tenait en Aquitaine des biens de l'église de Trêves 5. Vraisemblablement, il s'agit de domaines dont Charles le Chauve a disposé en faveur d'un fidèle. De la part d'un archevêque de Lotharingie, ce serait peine perdue de s'adresser au maître de l'Aquitaine; par persuasion et grâce aux bons offices d'un collègue, il est rentré en possession. L'église de Reims est l'une des églises les plus éprouvées ; la province, le diocèse même sont partagés souvent, à la grande inquiétude d' Hincmar, entre plusieurs royaumes ft. Elle possède d'ailleurs, hors de la province et du diocèse, dans des régions lointaines, de vastes propriétés. L'archevêque de Reims est considéré comme le principal soutien du roi de la France occidentale et ses adversaires estiment qu'ils atteignent son maître en même temps que lui. Dans les premières

1. 4 : « Ut ccclesiae Christi per omne eorum regnum pristinam dignitatem honoremque retineant et quicquid superstite domno Hludowico imperatore jure legitimo possederunt, absque ulla deminutione recipiant » {Cap., n, 69).

2. Adnunt. Hhidowici, 5 : « sciatis quia volumus ut res ecclesiarum, in cujuscumque regno caput fuerit, tam de episcopatibus, quam de abbatiis, sine ulla contradictione rectores ipsarum ecclesiarum, sicut tempore domni ac genitoris nostri fecerunt, illas possideant » (p. 70).

3. 7 : « et si aliquid ibi mali factum a quoquam est, in cujuscumque regno illae res consistunt, legaliter exinde justitiam reddere faciat » (p. 170).

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