LES PLAINTES DU CLERGÉ SONT-ELLES JUSTIFIÉES
légumes aux religieux et à leurs serviteurs l. On ne se plaint pas d'avoir perdu la faculté d'accumuler l'or, l'argent, les articles de luxe, mais d'être privé des moyens qui assuraient une existence médiocre, le vêtement et l'alimentation. Les moines portent des habits rapiécés, trompent leur faim avec des légumes qu'il a fallu acheter, sont contraints de refuser des secours et un gîte aux malades et aux hôtes qui se présentent 2.
Il y avait sans doute dans ces plaintes, exagération destinée à apitoyer les souverains ou les gens influents du palais. Au temps de Louis le Pieux et de Charles le Chauve, quelque soit le préjudice porté aux églises, elles ne paraissent pas en général dénuées de ressources. Les restitutions obtenues et surtout les libéralités nouvelles des grands et des petits, tendaient à rétablir l'équilibre rompu par les sécularisations des rois et les déprédations des particuliers.