PAR LOUIS LE GERMANIQUE ET CHARLES LE CHAUVE
le siège de Reims, les deux abbayes de Stavelot et de Bobbio lui sont accordées en compensation1. A sa femme, Irmingarde, Lothaire attribue le monastère de femmes de Saint-Sauveur de Brescia 2. Lothaire II cédera à Waldrade non pas une abbaye de femmes mais un monastère d'hommes, Lure, dont elle consomme toutes les ressources et qu'elle fait gouverner par le comte Ebérard 3. Avec le comte Adalard commence, sous Lothaire II, la série des abbés laïques de Stavelot 4. Moyenmoutier devient sous son règne et sera dès lors un bénéfice tenu en mains laïques 5.
Louis le Germanique, comme son aîné, attribue des abbayes détenues jusque-là par des réguliers, à des bénéficiers séculiers; En 843, il retire Saint-Gall à l'abbé légitime pour donner l'abbaye en bénéfice à Grimaldus 6.
S'il faut en croire Paschase Radbert, Charles le Chauve avait à cet égard bien commencé son règne. Mais il a fait bien vite bon marché de ses scrupules. A présent, écrit l'historien de Wala, il y a bien moins de monastères gouvernés par un abbé de même profession qu'au temps de Louis le Pieux ; tout est occupé et vicié par les usages et les goûts mondains ; notre roi qui avait donné au début des espérances, a laissé en finale tout envahir par les séculiers 7. Après avoir rendu la cella de Saint- Josse aux moines de Ferrières, au détriment d'un fidèle de Lothaire, Charles le Chauve l'a cédée en bénéfice à l'un des siens, Otulfus 8. Le Ier Août 841, s'il faut en croire l'auteur des Gesta Aldrici, il a rendu Saint-Calais à l'église du Mans 9. Il semble plutôt que le roi, enlevant une seconde fois l'abbaye à Sigémundus. abbé légitime, mais dont la fidélité a fléchi, l'ait cédée de nouveau en bénéfice à un séculier,
1. Ep. syn. Trec. : « in Cisalpinis regionibus abbatiam sancti Remacli (Stavelot, cf. Séries abb. Stabul., SS, xm, 293) et abbatiam sancti Columbani in Italia apud eum (Hlotharium) obtinuit » (Mansi, xv, 793). Cf. Lettre d'Hincmar à Nicolas. Ep. 11, Migne cxxvi, 82.
2. Ce monastère est dit « suum monasterium » {Vita Walae, II, 24, p. 568) ; c'est évidemment Lothaire I qui le lui a attribué.