‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 238 sur 1164 · ABBATIA » DES LAÏQUES · texte numérisé non relu

ABBATIA » DES LAÏQUES

d'abord Renoul, comte de Poitiers 1, puis Acfred, ancien comte de Toulouse 2. Dans le même temps, Saint-Martin de Tours est retiré au diacre Engelgouin pour être attribué à Robert le Fort 3. Saint-Aignan d'Orléans, à la mort du dernier abbé canonicus, aurait eu pour recteur laïque le comte d'Orléans Guillaume, puis Robert le Fort 4. Saint-Aubin, Saint- Serge, Saint-Lézin d'Angers, Saint- Julien de Brioude, Saint- Symphorien d'Autun ont, dans le même temps, des comtes abbés 5.

L'attribution d'un monastère régulier à un clerc séculier a cessé d'être un objet de scandale. Ce que Prudence déplore, c'est que des monastères précédemment confiés à des clercs, soient donnés à des laïques. C'est exclusivement contre Yabbatia des laïques que s'élèvent les protestations des conciles 6. Les monastères les plus fervents à l'origine, les mieux protégés contre l'intrusion d'un abbé séculier, finissent par subir le sort commun. Aniane qui, sous Benoît, avait été un foyer de réforme, a dès la fin du IXe siècle des abbés séculiers en la personne de deux archevêques d'Arles, Rostaing et Manassés 7.

Louis le Pieux avait songé à assurer, en pareil cas, aux moines une part réservée. Sous ses successeurs encore, on constate souvent que des religieux observants jouissent d'une mense, séparée du reste de Yabbatia que détient un séculier. Les moines de Saint-Vaast d'Arras, de Saint-Mihiel, de Saint-

i. En 866 meurent les comtes Robert et Renoul qui avaient eu la présomption d'occuper l'un Saint-Martin, l'autre Saint-Hilaire (Ann. Bertin., 84). En 834, Saint- Hilaire avait pour abbé l'évêque de Poitiers, Frédébertus (Dipl. de Pépin I d'Aquit., HF, vi, 672). Son successeur, Ebroin, est aussi abbé de Saint-Hilaire (cf. A. Richard, Hist. des comtes de Poitou, I, 23, n. 4). C'est sans doute après la mort de cet évêque survenue le 18 avril 858 (loc. cit.), que le comte de Poitiers, Renoul, prend possession de l'abbaye. En tout cas, le 9 mai 862, il est qualifié d'abbé de Saint-Hilaire dans un diplôme de Charles le Chauve (Redet, Doc. pour Saint-Hilaire, 1, p. 9).

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