‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 241 sur 1164 · CHARGES CROISSANTES DES ÉGLISES · texte numérisé non relu

CHARGES CROISSANTES DES ÉGLISES

en bénéfice abbayes et biens ecclésiastiques. D'autre part, la charge militaire qui pèse sur les prélats et sur leurs hommes, se fait plus lourde. Pour le service de leur seigneur, les évêques et les abbés doivent entretenir, eux aussi, une milice, s'employer personnellement en d'innombrables soins séculiers ruineux à la fois pour la discipline et pour le temporel du clergé. Le domaine royal, partagé et appauvri, n'assure même plus sa subsistance au souverain. Il gardera donc longtemps entre ses mains évêchés et abbayes, en consommera pendant la vacance les revenus. A ces rois besogneux les églises devront offrir une onéreuse hospitalité et des dons qui n'ont plus rien de spontané.

Ainsi, les successeurs de Louis le Pieux ne tiennent plus compte ni des promesses qu'il avait faites, ni des exigences de la discipline canonique. Pourtant, l'affaiblissement du pouvoir royal les oblige à compter avec le clergé dont le concours leur devient indispensable. Comment n'en eût-il pas profité pour faire entendre des plaintes qui avaient commencé déjà à s'élever sous le règne de Louis, alors que le pieux empereur proscrivait et extirpait des abus qui renaissent sous ses successeurs ? Aussi les protestations des évêques vont prendre, eu égard au redoublement du mal et à la tutelle qu'ils exercent sur la royauté, une vigueur et une hardiesse jusqu'alors inconnues.

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