PROMESSES DU ROI A BEAUVAIS
raient seulement avec Hincmar dix évêques des provinces de Reims et de Sens, n'était pas qualifiée pour établir le programme détaillé des réformes qu'on pouvait attendre de la bonne volonté du roi. Les prélats présents se contentèrent de réclamer de lui.au nom de tout l'épiscopat l, respect du droit ecclésiastique et protection contre les déprédateurs des biens des églises. Comme à Yutz, on le pria de confirmer les préceptes que les églises avaient obtenu^ de Charlemagne et de Louis le Pieux 2.
Le roi fit droit à toutes ces réclamations. Prenant Dieu à témoin de son serment, il s'engagea dans les formes les plus solennelles, la main étendue sur son épée, à garder toute sa vie, à l'égard de toutes les églises et de tout l'épiscopat de son royaume, les engagements qu'il souscrivait 3. A quelque temps de là, le roi s'acquittait au moins en partie des obligations spéciales contractées vis-à-vis l'église de Reims. Un diplôme du Ier Octobre ratifiait la restitution de biens que, pendant la vacance du siège, le roi avait cédés à ses fidèles 4.
ABeauvais, tout s'est passé exclusivement entre le roi et les évêques 5. 11 s'est tenu en cette cité, comme au palais de Ver,
i. « Ad vicem omnium episcoporum » (Titre, p. 387).
2. r,6 et 7, p. 387-8. Ces articles seuls ont une portée générale et c'est à ceux-là que s'applique directement la promesse faite par le roi de garder les engagements qu'il a pris à Beauvais envers toutes les églises. Les autres capitula ne concernent que l'église d'Hincmar, bien que l'épiscopat fasse siennes les requêtes d'ordre personnel formulées par celui-ci. Les assemblées de Meaux et de Paris retouchent ces articles afin de leur donner une portée générale, mais dans tous les manuscrits des capitula de Beauvais, ils n'ont pour objet que l'église de Reims. Hincmar qui,par deux fois, déclare que le roi s'est engagé à Beauvais envers tous les évêques et toutes les églises, transcrit lui-même les articles 2 à 5 sous la forme d'une requête dont les intérêts de l'église de Reims sont l'unique objet. On ne peut donc admettre, avec M. F. Lot (p. 143), que le concile a demandé et que Charles a promis la restitution des biens enlevés à toutes les églises du royaume au temps de son principat, l'abrogation des actes qui en avaient disposé et la suppression de toutes les redevances abusivement levées en terres d'églises. Ces réclamations d'ordre général sont introduites seulement au synode de Meaux. Si le roi y avait souscrit à Beauvais, Loup s'en autoriserait certainement quand, à la fin de 845 ou au début de 846, il déplore que le roi ne soit pas fidèle au vœu prononcé à Saint-Denis ; combien plutôt il en appellerait à la promesse faite à Beauvais de restituer tous les biens d'église, promesse qui lui eût donné pour son compte l'assurance de la prochaine restitution de Saint- Josse.
3. : « Deo teste sub fidei suae adstipulatione se servaturum promisit erga omnes ecclesias et episcopos regni sui » (titre dans plusieurs manuscrits, p. 387) ; « cum maxima contestatione cunctis diebus vitae vestrae vos servaturos promisistis » (Hincmar, Expos., 1, Migne,cxxv, 1041); « coramDeoet angelisejusinfideetdextera vestra per spatam vestram jurantes, sicut praesentes episcopi qui adfuerant petierant, illis et coeteris episcopis... et eorum ecclesiis cunctis diebus vitae vestrae vos servaturos promisistis » (ni, col. 1066).