ASSEMBLÉES DE MEAUX ET DE PARIS
un synode et non l'une de ces assemblées mixtes semi-ecclésiastiques et semi-laïques, celle de Coulaines par exemple, où le roi, entouré des grands, pouvait examiner a vec eux les doléances du clergé. Tandis qu'à Ver Charles s'était dérobé, il accepte à Beauvais d'entrer dans la voie des réformes. Le programme sera remis à l'approbation des fidèles du roi, sitôt que l'épiscopat réuni en nombre en aura rédigé les articles.
A l'invitat)on expresse du souverain et de ses fidèles 1, un concile assemblait à Meaux, le 14 Juin 845, tous les évêques des provinces de Sens et de Reims ainsi que l'archevêque de Bourges. Les circonstances ne leur permirent pas, à l'issue du synode, de présenter immédiatement au roi et à ses fidèles le relevé de leurs griefs. Comme, par suite, les avertissements qu'ils avaient mis par écrit étaient demeurés sans effet 2, les évêques se donnèrent de nouveau rendez-vous à Paris le 14 Février 846. Cette fois, l'archevêque de Rouen et ses suffragants rejoignirent, leurs collègues. Cette réunion presque plénière de l'épiscopat du royaume de Charles procéda à une révision des capitula préparés à Meaux 3. C'est ce travail définitif qui sera remis au roi et à ses fidèles.
Dans la pensée des évêques, ce devait être un statut complet, embrassant et coordonnant tous les articles d'une réforme qui rétablira en tous points l'exacte discipline canonique. Jusqu'alors, déclarent-ils, les circonstances n'ont pas été favorables à la réunion d'une assemblée qui pût entreprendre
1 . Conc. Meld., 8 3 : « Vos simul cum istis et aliis Dei ac vestris f idelibus nos atque socios nostros in episcopali auctoritate rogastis, ut propter Deum et nostrum ministerium juxta cognitas nécessitâtes verum consilium secundum Deum et. secundum seculum invenissemus » (p. 420). Les évêques ajoutent que le roi et les grands ont prorais d'observer les capitula acceptés dans les précédentes assemblées (nunc observaturos vos verbis promisistis). Cette promesse a été faite, sans doute, aux évêques au moment où on les conviait à présenter le programme complet de la réforme.
2. Praef. : <; Quia etiam mox post absolutam synodum nec ammonitionis episcopalis congruentia variis eventibus praepedita potuit subsequi nec monitionis efncacia promereri » (p. 397). Il faut comprendre qu'aucune assemblée générale de l'ordre laïque et ecclésiastique n'a pu être tenue auprès du roi dans les temps qui suivirent immédiatement le synode de Meaux, où il semble bien que le roi n'ait pas été présent. En juin ou juillet, il est à Saiut-Benoît-sur-Loire, où il s'occupe des affaires d'Aquitaine (Lot, Le règne de Charles, 149). Il passe le reste de 1 année dans le Maine et les confins de la Bretagne (p. 151 et suiv.).Le 12 février seulement, il est à Compiègne (p. 158, n. 7) et le retour du roi dans les régions du Nord rendra possible une assemblée générale. Aussi les évêques se réunissent-ils le 14 février en assemblée particulière, pour arrêter définitivement leur programme et régler l'attitude qu'ils prendront en la prochaine grande assemblée qui ne peut manquer d'être décisive. M. Halphen (op. cit., p. 158) écrit : "On ne sait si le roi assista au concile de Paris ». Il nous paraît certain que le roi n'est pas présent au synode de Paris, pas plus qu'à celui de Meaux. Les évêques se réunissent « consensu régis » (p. 397). Si le roi avait été présent, on eût écrit « in conspectu régis » et les avertissements lui seraient adressés sous la forme directe comme à Ver et à Beauvais