‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 260 sur 1164 · PROGRAMME DES RÉFORMES · texte numérisé non relu

PROGRAMME DES RÉFORMES

de signaler tous les abus *. Une partie seulement de l'œuvre nécessaire a pu être ébauchée au cours des dernières années, dans des réunions dont on rappelle les travaux. Les articles rédigés dans quelques-unes de ces assemblées, à Loire, à Coulaines, à Yùtz, ont été expressément acceptés déjà par le roi et par les grands, confirmés par leur souscription. A Beauvais, le roi a pris aussi des engagements formels. Sur ces piliers reposera l' édifice de la réforme désormais théoriquement achevée. A Meaux, les évêques commencèrent par transcrire quelquesuns des articles déjà publiés à Loire, à Coulaines, à Yùtz et à Beauvais 2. Mais en insérant dans les actes du concile nouvellement assemblé les articles qui ont été agréés déjà par le souverain, à l'issue des précédentes réunions, les évêques n'en respectent pas toujours la lettre. Par souci d'abréger, ils retranchent des dispositions qui ne répondent plus au même degré aux besoins présents ; ils en ajoutent d'autres devenus nécessaires, suivant ainsi, déclarent-ils, les exemples des saints pères. Quand une question a été abordée dans l'une de ces assemblées, les évêques corrigent ou complètent les dispositions déjà prises ; ils épuisent le sujet, afin de n'avoir pas à y revenir plus loin. Les canons qui dans la révision faite à Paris sont attribués au concile de Meaux, traitent exclusivement des points négligés au cours des réunions antérieures 3.

Il s'en faut que dans cette collection tous les articles soient consacrés au temporel des églises. Mais l'abus qui en est fait, constitue aux yeux des évêques un obstacle à la réforme totale qu'ils poursuivent. A l'exemple des assemblées tenues en '829, en 836 et récemment à Ver, les évêques se défendent à Meaux

1.: « Quia occasiones durissimae jam arniis praecedentibus synodalia tempora religioni abripientes sibi indebite subripuerant » (p. 397).

2. : « Primo aliqua ex his quae nuper ab eodem devotissimo principe, una cum sacro ecclesiastico ordine et inlustrium virorum nobilitate décréta sunt, ita ut constituta fuerunt, praefigere » (p. 397). Plus haut (p. 396), les évêques font l'historique de ces assemblées ; ils reproduisent des articles de chacune d'elles, à l'exception du synode de Ver, dont le procès verbal, disent-ils, n'a pas été porté aux oreilles du prince et du peuple et qu'ils tiennent pour désavoué.

3. En tête des capitula du synode de Yiitz, les évêques donnent cet avertissement : « quaedam monenda subjungimus, quaedam autem pro tempore tune dicenda nunc brevitati studentes recidimus ; quaedam etiam necessitati consulentes et ordini providentes, patrum sequentes consuetudinem interposuimus » (p. 399). Cette observation aurait pu être reproduite en tête des articles du synode de Beauvais, dont la portée est singulièrement élargie et parmi lesquels on a inséré de nouveaux capitula, qui dénoncent les diverses méthodes employées pour dépouiller les églises. La préface générale avertit que des compléments sont nécessaires : « Quia quae bene inventa et semel statuta sunt, observatione indigent, non retractatione ». Ces additions ont été ou bien incorporées parmi les capitula des synodes précédents, quand le sujet traité les appelait, ou bien ajoutées à la fin sous la rubrique du concile de Meaux.

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