‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 271 sur 1164 · I. — Les apocryphes · texte numérisé non relu

I. — Les apocryphes

Sans abandonner entièrement, après l'échec SubiàEpernay, la tactique des revendications solennellement présentées par l'épiscopat, l'esprit réformiste cherche des méthodes nouvelles et plus efficaces. Il se manifeste d'abord par l'apparition de collections de capitulaires et de textes canoniques où, parmi les pièces authentiques, fourmillent les faux destinés à fournir des armes aux champions de la discipline. Puisant sans critique et sans scrupules dans l'ancienne littérature ecclésiastique et dans leur propre, imagination, les faussaires prêtent aux personnages du passé les plus qualifiés pour être encore obéis , des décisions propres à ramener les contemporains à l'observation des règles. A cet égard, des apocryphes ne le cèdent pas en intérêt aux documents authentiques rassemblés pour la défense de la discipline. Pour l'époque où elles furent soi-disant retrouvées et produites, les pièces fausses ont une valeur documentaire plus grande que si elles émanaient vraiment des pontifes ou des rois d'âge reculé à qui on les attribue.

L'avanie faite à Épernay aux champions des règles ecclésiastiques n'est pas étrangère à la fabrication des fausses décrétales et des faux capitulaires. La réforme générale qu'on n'a pu faire consacrer par le roi régnant, des faussaires la montrent décidée et promulguée soit par les anciens pontifes romains, soit par les premiers rois de la famille carolingienne \

i. Cf. Hinschius, Décret. Ps. Istdor., Pref. ccxvn ; P. Fournier, De l'origine des F. Décret., Congrès scient, des cathol. n, 413, et notre ouvrage, La H iérarchie èpisc, 193. Quelle que soit la patrie du pseudo Isidore, Reims ou le Mans, il n'est pas douteux que le faussaire n'ait fabriqué les décrétales dans le royaume de Charles, où elles commencent à être divulguées à partir de 852 (cf. Les Capitula d'Hincmar de 852 et les Fausses Décret., Append. à La Hier, èpisc, 299 et suiv.). Le recueil des faux capitulaires, un peu plus ancien que celui d'Isidore, n'est pas antérieur à 847 (Cf. P. Fournier, Étude sur les F. Décret., dans la R. d'hist. ecclés., vu, 301 ; Hinschius, Décret. Ps. Isidor., Pref. cxi.ni). C'est donc au lendemain de l'assemble d'Epernay que les faussaires mettent en circulation leur travail.

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