‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 278 sur 1164 · DOCTRINE DU CLERGÉ MANCEAU · texte numérisé non relu

DOCTRINE DU CLERGÉ MANCEAU

Ainsi, tous les griefs qu'élève le clergé contre l'abus fait des églises et des biens d'églises, sont venus se condenser dans l'œuvre du pseudo-Isidore et de Benoît le Diacre. Les auteurs de productions anonymes, à plus forte raison de pièces apocryphes, ne gardent pas les ménagements auxquels se croyaient tenus les réformistes dans les conseils des rois ; aucune des concessions faites par Agobard, par Wala ou par les assemblées d'évêques aux nécessités du siècle, ne se retrouvent dans ces décrétâtes et capitulaires. Sur l'article du temporel ecclésiastique, les faussaires s'en tiennent rigoureusement à l'ancienne discipline canonique.

Telle est aussi la position prise par les historiographes manceaux, dont l'œuvre fourmille, comme la collection Isidorienne, de pièces apocryphes et sort peut être de la même officine 1. Le biographe d'Aldric est d'accord avec le pseudo-Isidore pour condamner les libéralités que font les rois aux dépens des églises 2. A son sentiment, aucune part dans l'administration des biens d'église ne peut-être abandonnée aux laïques ; elle appartient exclusivement au clergé 3. L'auteur des Actus estime, comme Benoît le Diacre, que lorsqu'un roi attribue des biens d'église en bénéfice, la cession faite est sans valeur et que, seul, l'évêque a qualité pour disposer de ces biens 4.

142 est certainement attribué à Charleinagne, car le législateur déclare qu'il envoie au pape Léon son règlement. Il en est de même de l'art. 260 qui signale l'envoi à Rome de l'archevêque Arnon ; l'art, suivant 261 doit être probablement aussi rapporté au même souverain.

1. Cf. P. Fournier, Étude sur les Fausses Décret., 761 et suiv.

2. L'auteur des Gesta Aldrici signale en effet les cellulae et villae de l'église du Mans, « quae regia largitione vasalli dominici adipisci, licet injuste et contra canonicam auctoritatem meruerunt » (éd. Charles, 33). C'est bien le sentiment du pseudo Symmaque. cf. p. 240, n. 5, 6, et p. 247, n. 4. Suivant M. Havet, la ire partie des Gesta a pour auteur Aldric lui-même et a été composée avant 840 (Quest. mérov., vu, dans la Bibl. ec. Chartes, 1893, p. 612). Il nous paraît douteux qu'avant la mort de Louis le Pieux, on ait pu produire des diplômes de ce roi, interpolés ou entièrement faux. Une deuxième main a ajouté des suppléments postérieurs à la mort de Louis le Pieux, (cf. Gesta, p. 158, 163). Il se peut qu'un remaniement ait été fait alors dans l'œuvre précédente ; des coupures ont été pratiquées dans le texte afin d'y insérer des suppléments. C'est, croyons-nous, le cas du chap. 11 (éd. des Mon. Germ.) des Gesta Aldrici, qui renferme cette note et le diplôme faux qu'elle annonce. Ils répondent tout à fait à l'état d'esprit qui se fait jour parmi le clergé de Francia aux environs de l'année 850, comme ce qui est rapporté, dans la dernière partie des Gestaf des hôpitaux dévastés (cf. plus haut, p. 229, n. 5) et du peu de temps laissé à Aldric par le palais (plus haut, p. 230, n. 1).

' 3. : <c Nam oblatio fidelium ab episcopis et ministris eoruni secundum canonicam institutionem dispensanda et gubernanda est, non a laicis vel secularibus hominibus ; quoniam qui hoc facere ex secularibus vel laicis hominibus aut agere presumpserint, sub anathematis nomine a sanctis patribus districte feriuntur » (II, p. 33) Voir la; dôctrine-du Ps. Isidore, plus haut,' pï 240 et 241.

4. A dus pont. Cenom., 17, 21, éd. Busson Ledru, 263 et 272-3.

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