‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 281 sur 1164 · Cf. plus haut p. 217, n · texte numérisé non relu

Cf. plus haut p. 217, n

4. : « Ut nobis seu decessoribus vel progenitoribus nostris, propter ablationem vel minorationem harum rerum jam dicte aecclesiae, aliquoddetrimentumaut periculum regni non adcrescat » (Dipl. faux de Charlemagne du 23 avril 802, Actus, 21, éd. Busson Ledru, 284 et de Louis le Pieux, 31 déc. 832, Gesta Aldrici, éd. Charles, 37).

5. m, 142 : « Novimus ergo multa régna et reges eorum propterea cecidisse, quia ecclesias expoliaverunt resque earum vastaverunt, abstulerunt, alienaverunt vel diripuerunt, episcopisque et sacerdotibus atque, quod majus est, ecclesiis eorum abstulerunt et pugnantibus dederunt. Quapropter, nec fortes in bello, nec in fide stabiles fuerunt,nec victores extiterunt.sed terga multi vulnerati et plures interfecti verterunt regnaque et regiones et, quod pejus est, régna coelestia perdiderunt atque propriis hereditatibus caruerunt » (p. ni),

246 RÉVÉLATIONS D'AUDRADUS MODICUS

ecclésiastiques 1 ; il est averti du châtiment réservé, en particulier, au souverain qui s'est fait leur fauteur et leur complice. Charles devait interdire à son peuple toutes déprédations et violences aux dépens des églises2, et il n'a pas craint de consommer leur ruine ; aussi le Seigneur prédit qu'en Bretagne ses ennemis lui infligeront déshonneur ; c'est à grand peine qu'il échappera vivant de leurs mains. Là périra le néfaste Vivien, qui foule aux pieds la noblesse des églises et se targue d'être abbé du monastère de Saint-Martin et d'autres encore ; sa chair sera dévorée par les bêtes des forêts ; beaucoup tomberont pareillement, et par là le Seigneur rendra lui-même la liberté aux églises mises sous le joug 3, La prophétie s'est accomplie un an plus tard, jour pour jour. Le 22 Novembre 845, à Ballon, le roi, pris au piège, s'est difficilement dérobé à la poursuite des Bretons. Audradus tient pour certain que les bêtes féroces ont dévoré le corps de Vivien, resté sur le champ de bataille ; maintes églises furent délivrées ce jour là de leurs oppresseurs 4.

Accrédité par le Seigneur comme député des églises, Audradus Modicus a fait faire rapport au roi par le chambrier royal Robert, des dangers qui le menacent si cette leçon n'est pas comprise ; mais Charles n'y a pas pris garde et après sa honteuse campagne de Bretagne, a négligé de rétablir les églises dans l'ordre. Alors la colère divine a déchaîné sur le royaume le fléau normand 5. Les pirates ont remonté la

1. : « More suo ad praedationes ecclesiariim et mfserorum omnem vim suae( superbiae contulerunt, tune ecclesias quae adhuc stahant de suo ordine subverterunt easque ad votum suum suis quaestibus publiearunt » (éd. Traube, Fragm. III, p.379).

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