‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 301 sur 1164 · ASSEMBLÉE DE BONNEUIL · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉE DE BONNEUIL

des religieux ; ils prendront soin qu'il soit pourvu à tous les besoins des frères ; ils s'informeront si les chapelles et abbatiolae appartenant à des établissements religieux et données en bénéfice, leur payent un cens convenable * ; il n'est pas soufflé mot de la personne qui détient l'abbaye. Le roi s'efforce de corriger les abus qu'introduit dans les monastères l'attribution de Yabbatia à ses serviteurs ; il veut que les petits monastères, cédés en bénéfice, acquittent un cens à l'église propriétaire, mais ne s'engage nullement à retirer l'abbé intrus et à ne plus céder en bénéfice les abbayes.

En Italie, les évêques assemblés à Pavie, en 850, adressaient aux empereurs des représentations discrètes au sujet de l'attribution des abbayes. Les monastères et hôpitaux, disent-ils, ont été placés sous la défense du palais sacré, parce qu'on estimait qu'elle constituait pour eux la meilleure protection. Si les empereurs les attribuent contre les intentions des donateurs, la loi est violée par ceux qui doivent la faire observer 2.

Quelques années plus tard, les évêques de Francia réunis à Bonneuil au mois d'Août 856, instruits par le roi des reproches que Benoît III leur adresse ainsi qu'à lui-même 3, s'empressent de rejeter toute complicité dans les abus introduits au sein des monastères du fait surtout des abbés laïques: « La lettre pontificale, déclarent-ils au roi, nous atteindrait gravement si nous n'avions agi tout autrement que le seigneur apostolique, avec grande autorité, nous accuse de l'avoir fait, trompé qu'il est par de faux rapports. Jamais nous n'avons été consentants au mal qu'il dénonce. Souvent, au contraire, oralement ou par écrit, comme vous le savez bien et comme les capitula conservés en font foi, vous et vos fidèles, car c'est eux surtout qu'il convient d'admonester, avez été pressés par nous de réparer le dommage et de vous garder à l'avenir d'un tel abus. Ainsi, ce n'est pas nous qui sommes touchés par les remontrances pontificales 4 ». Aux avertissements

1 :« requirant de cappelliset abbatiolis ex casis Dei in benenciurn datis, qualis census inde exeat, ut ecclesia de qua sunt, exinde vestituram habere possit » (p. 268).

2. 16 : « Suggerendum est... imperatoribus quia hi qui monasteria et sinodochia sub defensione sacri palatii posuerunt, ideo fecisse probantur quod a nullo melius quam a summis potestatibus protegenda crediderint et si ea, contra décréta instituentium, personis quibus non licet dederint... » [Cap., II, 121). Peut-être les évêques s'élèvent-ils aussi contre la cession faite par les rois en toute propriété (dederint) des monastères royaux.

Page 1