Plus haut, p
3. 8 : « Quod etsi praetendant hujusmodi sibi indulta et concessa ab augustissimis dominis nostris, nec sic a sententia episcopi sit liber, (multi eniin probantur in similibus mentiri), donec rector... ad clémentes aures principis caussam tam maie facticumprecibusecclesiae déférât, utejus judicioetmoderationeres undeagitur deliberetur, et is qui caritate fuerit privatus ecclesiae, tune, si dignus est, absolvatur » (Mansi, XV, 8). Le concile est réuni dans une région où, à cette date, les fausses décrétales ne sont pas sans doute encore connues. Si les évêques les avaient eues sous les yeux, ils n'eussent pas admis même indirectement les largesses royales.
272 les biens d'église entretiendront la milice
d'évêques qui tiennent un tel langage, si le roi a vraiment concédé le bien et s'il maintient son ordonnance, le prélat n'aura plus qu'à s'incliner.
Les pièces apocryphes mises en circulation dans le royaume occidental, ont fourni d'arguments ceux qui combattent le droit que se sont arrogés les rois de disposer des biens d'église. Néanmoins, Benoît le Diacre a appelé l'attention de ses contemporains sur le capitulaire oublié d'Estinnes ; le faussaire leur apprend lui-même qu'un prince carolingien, renommé pour sa piété, a cru devoir retenir des biens d'église, parce que la nécessité des guerres l'y obligeait 1. Tandis que, dans le recueil officiel d'Anségise, on ne trouvait qu'une ordonnance impériale interdisant de diviser les biens d'église, celui de Benoît contenait un règlement qui accorde des biens d'église à l'entretien de la milice du royaume. Le texte du capitulaire d'Estinnes qu'Hincmar cite d'après cet ouvrage 2, n'est pas étranger à la théorie exposée par lui relativement à l'emploi des biens d'église pour les besoins de l'armée.
Personne n'a plus catégoriquement qu'Hincmar dénié au pouvoir séculier le droit de disposer arbitrairement des biens d'église. Mais, d'autre part, l'archevêque de Reims admet, comme Wala, que moyennant certaines conditions une part des biens d'église serve à entretenir la milice du royaume. Déjà, en 858, écrivant à Louis le Germanique, Hincmar explique que l'accroissement des biens d'église d'une part, d'autre part le débordement des maux que font souffrir les infidèles à l'Église et à l'État, ont décidé les successeurs des apôtres à accroître, par leur libre dispensation,la milice du royaume, afin qu'elle puisse résister à la malice des méchants, qu'elle défende les églises, leur procure la paix et que la chrétienté jouisse de la tranquillité 3.
Par deux fois, en Août 868, quand il intervient auprès du roi en faveur de son neveu, l'évêque deLaon et, un peu plus tard, quand il compose son traité de ecclesiis et capellis, Hincmar expose sur ce point toute sa pensée. Le stipendium, dit-il, était jadis fourni aux soldats par l'État et il en est encore ainsi ailleurs qu'en Francia 4. Dans d'autres régions, en particulier en Italie, les episcopia, les monasteria ne sont pas enrichis de biens ecclésiastiques comme en Gaule. C'est pourquoi dans