‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 347 sur 1164 · MONASTÈRE DU FISC · texte numérisé non relu

MONASTÈRE DU FISC

un bien du fisc. Il a été affirmé à Charles le ChauVe que la cellula de Saint-Imetier appartenait eh droit à un fisc possédé par le roi x. Tel établissement est dit monastère ou cella du fisc royal 2, ou bien il est admis que la cella est un fisc 3 ; elle est adjugée au fisc, au publicufn royal, au palatium 4. Du fisc elle a passé parfois à un comitatus ; elle fait alors partie de la tranche des domaines fiscaux qui constituent la dotation d'une charge comtale 5.

Il est des monastères que le roi déclaré être siens (monasterium nostrum), lui être propres 6 et figurer parmi ses pro-

ecclesiastici juris possessionem loci existere » (loc. cit.). On a déclaré qu'elle était « régis lege hereditaria possessionem » (p. 372). Cf. plus haut, p. 3 n. 2 et p. 5 n. 3. t. 4 déc. 861 : « ex nostrae proprietatis fisco jure attineret » (Ragut, Cart. S. Vincent, 109, p. 83).

2. Un monastère a été établi dans la villa de Neuville ; Charles le Chauve qui l'a acquise par échange, attribue aux moines de Saint-Maur des Fossés la villa, « quam deinceps volumus vocari monasterium fisci dominici » (10 oct. 845, HF, VIII, 479). Le 27 déc. 867, le même roi attribue à Saint-Martin de Tours « quamdam fisci nostri cellam », du nom de Chablis (Quantin, Cart. de l'Yonne, 48, I, 95).

3. Au sujet du monastère Notre-Dame, Aldric pensait « quod praedictum monasteriolum ...fiscus esset imperatorum » (Gesta Aldrici, 45). Des ennemis de l'église du Mans ont affirmé à Louis le Pieux « quod abbatia sancti Vincentii non esset de jure ... episcopi, sed fiscus... imperatoris esse debebat ». L'empereur fait faire enquête « si fiscus esse debebat an de jure et dominatione... episcopi esse debefet » (p. 20). Il a été prouvé que Saint-Calais appartenait à l'église et n'était pas « aut fiscus dominicus, aUt proprium domni imperatoris » (p. 152). On déclare à Otton I qUel'abbatia de Pfefferâlui appartient fiscaliter (plus haut, p. 4, n.i). Suivant la vita Burchardi, le comte Bouchard a prié Hugues Capet de lui concéderl'église de Saint'Maur des Fossés, « ecclesiam Fossatensis cenobii que regali subdita est dominio vesterque fiscus fore videtur » (de la Roncière, 2, p. 8).

4. Cap. Olonn., 7 a : « De monasteriis... ad palatium... pertinentibus r> (Cap., I, 328) ; Casus s. Galli, 8 : « Rege tum assidente... fisco ajus addicitur abbatia » (SS, II, 114). Il a été déclaré à Louis le Pieux que trois cellae « non juste ad eamdem urbem (le siège du Mans), sed ad publicum nostrum pertinere deberent » (29 déc. 832, Gesta Aldrici, 29). Le 30 mai 887, Charles le Gros décide que Saint-Gall sera privilégié, « sicut monasterium Augiae et caetera loca ad fiscum nostrum pertinentia » (Wartmann, 661, II, 264).

5. Lothaire I donne à l'église de Viviers le monastère de Donzère, « sicuti ad comitatum tenebatur » (18 oct. 849, HF, VIII, 387). Aux termes de la plainte portée devant Louis le Pieux par Victor évêque de Coire, le pillage fait par le comte Rodéric, après la séparation de l'évêché et du comté, n'a laissé à l'évêque que deux monastères de femmes. Le comte a vraisemblablement pris possession des trois monastères enlevés à l'évêché, en alléguant qu'ils étaient propriété fiscale (Ep., V, 309).

6. Lorsch, Hersfeld, Ansbach, Charroux sont dits monasterium nostrum dans les dipl. de Charlemagne, du 20 janv. 773, 2 sept. 774, 28 juill. 782, 29 mars 786, 785-800 (DD Karol., 73, 82, 144, 152, 194, I, 106, 196, 206, 261). Dans le Capitulare Mantuanum primum, Charlemagne déclare (1, Cap., I, 195) qu'il veut mettre l'ordre dans ses églises (aecclesias nostras). Immédiatement après, il traite des « monasteria que sub nostro regimïne dominio site sunt » (2), puis « de senodochiis nobis pertinentibus » (3) . Les églises qu'il veut ordinare, ce sont ces monastères et hôpitaux placés sous son regimen ou qui lui appartiennent. Il les dit « siennes », par opposition sans doute à celles qui appartiennent à un évêché. Louis le Pieux donne expressément aux monastères d'Inden (8 févr. 821, Marténe, Ampl. coll., î, 76), de Kremsmiisnter (22 mars 828, Migne, CIV, 1173), de Priim (7 janv. 831, Beyer

Page 1