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LE PRIVILÈGE DU MAINBOUR ROYAL

Le concile de Meaux rappelle que des hommes religieux ont donné au roi les monastères qu'ils ont construits sur leur propriété pour obtenir de lui défense et mainbour, afin que ces établissements jouissent d'une entière liberté et d'une sécurité parfaite1.

Le mundium royal, l'un des avantages que la qualité du propriétaire procure de droit au bien fiscal, fut communiqué aussi par privilège à des églises sur lesquelles le roi n'exerçait pas les droits d'un propriétaire ordinaire. Comme la protection du souverain paraissait la plus sûre de toutes, on plaça les monastères sous la défense du sacré palais 2 ; on s'efforça de leur procurer par la recommandation le mundium des rois. A l'origine, ce privilège n'avait été accordé qu'à des particuliers dont il couvrait la personne et les biens ; un évêque, un abbé pouvait en être gratifié, mais c'était le prélat et non pas l'église qui en obtenait le bénéfice et le privilège personnel ne lui survivait pas3. Mais dès l'époque mérovingienne, quand un diplôme de cette teneur est délivré à des évêques ou à des abbés, il protège non seulement ce qui leur appartient en propre, leurs hommes et leurs biens, mais aussi les propriétés de leur église ou monastère aussi longtemps qu'ils en ont le gouvernement 4. Les Carolingiens prirent semblablement sous leur protection tel prélat et en même temps la communauté des clercs ou des moines, les biens de l'église qu'il a recommandés au roi en même temps que sa personne 5. Ou bien, et ce fut dès lors le cas le plus fréquent, le roi stipula que l'église tenue pour personne

i. Cf. plus haut, p. 22, n. 2.

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