ÉTABLISSEMENT D'ÉVÊQUES LÉGITIMES
pris au sujet du clergé inférieur les mêmes dispositions que son frère, car à la suite d'un concile tenu par Boniface sous le patronage des deux princes, prêtres ou clercs adultères et homicides furent déposés 1.
Les princes ne s'engagent pas expressément à libérer tous les monastères du joug des abbés séculiers et laïques. A Estinnes, Carloman ne s'en prend qu'aux clercs de mauvaise vie qui détiennent une abbaye ; les clercs séculiers dont les mœurs sont sans reproches, ne perdirent pas par conséquent leur abbaye. Au synode de Soissons, le 2 Mars 744, Pépin interdit aux abbés légitimes de paraître à l'armée. En Neustrie, certaines communautés ont donc pour chef un abbé vivant comme ses religieux, peut-être élu par eux et c'est là sans doute un bienfait que leur a procuré la réforme ; mais Pépin distingue visiblement ces prélats légitimes de ceux qui ne le sont pas, pour lesquels la discipline des canons reste lettre morte et qui continueront de l'accompagner à la guerre 2. Il ne songe pas par conséquent à priver de leurs abbayes les serviteurs de son père et les siens qui les ont usurpées ou obtenues de la largesse du prince ; il ne renonce sans doute pas davantage à disposer dans l'avenir de ces monastères en faveur d'autres abbés illégitimes.
Au sujet des sièges épiscopaux, les capitulaires promulgués en synode, au cours des années 743 et 744, ne semblent pas admettre de partage avec les intrus : « Nous avons ordonné des évêques dans les cités », tel est le premier article publié par Carloman au sjmode germanique. A Soissons, Pépin annonce qu'il a établi et ordonné dans les cités des évêques légitimes 3. Un tel langage dans la bouche du prince marque d'ailleurs qu'on n'en revient pas strictement aux règles de l'ancienne discipline sur le mode de désignation des évêques. C'est en vertu du commandement de Carloman et de Pépin, non pas de l'élection du clergé et du peuple, pas même du