‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 421 sur 1164 · I. — La mainmise du roi sur les évêchés et abbayes · texte numérisé non relu

I. — La mainmise du roi sur les évêchés et abbayes

Souveraineté, patronage, dominium, propriété même, ainsi se trouvent définies les relations du roi avec ses églises. Nous les avons considérées jusqu'ici comme personnes morales aptes à posséder, à jouir de leurs biens, et on a vu que le droit royal ne faisait pas obstacle à cette condition, qu'il en était même le garant. En matière de propriété ecclésiastique, les anciennes règles ne connaissaient que l'église et les biens d'église et c'est conformément à un tel concept que le roi possède ou qu'il patronne les églises et leurs biens. Mais il s'en est formé un autre au début de l'époque carolingienne. L'attention se porte sur le gouvernement de l'église et surtout sur l'usage de ses biens. A cet égard, la personne qui est en possession, c'est celle des prélats, évêques, abbés qui se succèdent dans la charge d'administrer l'église et qui à ce titre ont jouissance de ses propriétés. A côté de Yecclesia et de la res ecclesiae, apparaît dès lors Yepiscopatus, Yabbatia qui s'entendent à la fois au sens abstrait de gouvernement, de jouissance d'une église, au sens concret de tout ce qui est aux mains de l'évêque ou l'abbé 1. Un nouveau champ s'est ouvert ainsi à l'exercice des prérogatives royales : le souverain, maître de l'église épiscopale, du monastère, en confère l'évêché, l'abbaye, c'est à dire la charge de l'administrer, l'ensemble des droits et des biens, dont la jouissance est remise à la personne pourvue de cette charge.

C'est le dominium des rois sur l'église épiscopale ou monastique qui les autorise à en céder l'évêché ou l'abbaye à leurs fidèles. Le particulier propriétaire d'un monastère exerce

i. Cf. plus haut, fasc. I, Les étapes de la sécular., p. 22-3 et notre article, Évêché et abbaye, Les origines du bénéfice ecclés., dans la Rev. d'hist. de l'égl. de France, 16 et suiv.

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