CHAPITRE IV L 'Évêché donné et retiré par le roi
i. — Le don de l'évêché
Le roi cède un évêché comme il attribue des monastères ou les autres honneurs et bénéfices séculiers des on royaume 1. Thégan rapporte que Louis le Pieux, après avoir fait tonsurer ses frères, Drogon et Hugues, donna au premier un évêché, au second des coenobia2. Le moine deSaint-Gall raconte, à la fin du IXe siècle, que jadis Charlemagne promettait aux élèves studieux de l'école palatine de leur procurer des évêchés et des monastères magnifiques 3. Le don d'un évêché est une grâce du monarque, comme la cession en bénéfice d'une abbaye, d'un honneur laïque.
Toutefois, à supposer que le roi respecte la discipline ecclésiastique, l'attribution d'un évêché est soumise à des règles qui ne limitent pas son pouvoir quand il accorde en bénéfice un fisc, un comté ou même un monastère. Après la réforme accomplie par Boniface et les princes francs, jamais plus les
i. Cf. plus haut, p. 67 et suiv.
2. 24 : « Druogoni episcopatum dédit et Hugoni coenobia, monasteiia » (SS, Il> 596).
3. I, 3, SS, II, 732. Une lettre de Salomon II de Constance à l'archevêque de Besançon lui fait part que le roi a décidé de donner le siège de Lausanne à un clerc qui jadis, au cours d'un voyage, l'a reçu fort honnc ement. Le roi aurait promis à son hôte « quia... hoc ei prandium recompensaret » (Cuil. Sangall., 26, Zeumer, Form., 411).