VIOLENCE FAITE A DES £VÊQUES
caractère strictement ecclésiastique. Ebbon et ses partisans s'attachent à établir qu'il a été déposé par le pouvoir séculier l, au mépris de la discipline canonique 2. Aldric et Actard ont été chassés, sans aucune forme de procès. Les quatre évêques bretons furent déposés comme simoniaques, mais par une assemblée laïque 3 et qui ne répondait en rien aux conditions que Léon IV, interrogé par Noménoé, avait déclarées indispensables pour la rendre compétente en cette affaire 4. Un aveu paraît avoir été extorqué aux accusés sous la menace de mort 5. Les évêques fugitifs que, près de 20 ans plus tard, Salomon fait remonter sur leur siège, il les rétablit sans même réunir de synode, par son seul commandement 6. Lothaire a rendu le siège de Reims à Ebbon dans une assemblée synodale, mais c'est un ordre impérial qui le lui restitue 7.
Il n'est pas d'hommes libres ou serfs, déclare Agobard, qui aient moindre sécurité que les sacerdotes, car ces derniers ne savent combien de temps il leur sera permis de retenir leur église ou leur habitation 8. L'archevêque de Lyon a ici en vue les simples prêtres ruraux, mais vis-à-vis de leur souverain, les évêques n'ont pas plus de garantie que les desservants des paroisses en face du propriétaire laïque de leur église. Aussi l'un des griefs qu'en 833 on élève contre Louis le Pieux, c'est qu'il a causé préjudice aux prêtres du Seigneur et condamné des absents 9. Quelque vingt ans plus tard, alors qu'un bien
1. Apologct. Ebbonis forma prior : « raptus a propria sede principum indignatione violenti, in exilio ductus est » {Conc. karol., 1, 798).